Décidément, ça fleure bon le retour de ouacances, et tous les futurs candidats, candidates et candidats à la candidature pour l'élection 2007 au poste de Grand Timonier du Reich affutent leurs rapières, dérouillent leurs cordes vocales par quelques arpèges microphoniques, retournent sur les plateaux télés dire bonjour à de gentils journalistes bronzés tout heureux de pouvoir de nouveau leur servir la soupe, bref, en un mot comme en cent, les affaires reprennent.

Montebourg-qui-fut-noniste se rallie à la bannière fleur-de-lysée de Ségolène, la femme qui se dit de gauche dans un parti qui se croit de gauche (à moins que ce ne soit le contraire). Il paraît toutefois qu'elle est la meilleure candidate à proposer de vagues solutions rétrogrades pour un parti qui n'a pas de programme - sinon se faire investir plus vite que le copain, mais ça ne compte pas.

Le Nain Cryptofasciste vient plastronner au J.T. tellement fier d'avoir vidé un squat comme on vide une poubelle, avant de foutre dans des charters ou stocker en "centres de rétention" tous ces indésirables colorés qui ont vocation à aller se faire pendre ailleurs dans les meilleurs délais. Le Nain a fait le ménage et veut que ça se sache, histoire de brosser son électorat dans le sens de son poil visqueux et de faire au passage la nique au RESF, coup de pied de l'âne en quelque sorte.

Les brèves pleuvent sur nos télescripteurs :

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a déclaré mercredi sur France Inter qu'il n'excluait "absolument pas" une nouvelle candidature de Jacques Chirac à la présidentielle de 2007.

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a déclaré mercredi sur RTL qu'il voyait "pointer un autre candidat probable, sinon possible" que Ségolène Royal au PS pour la présidentielle de 2007 en la personne de Lionel Jospin.

Lionel Jospin s'interroge sur la "légitimité" des candidats socialistes.

Laurent Fabius (s'il est élu) veut augmenter le SMIC de 100 Euros. (fera-t-il campagne en Harley de location ?)

Jack Lang a dit des trucs, mais je ne sais pas quoi parce que je n'ai pas écouté.

Tous ces petits crabes se remettent à grouiller, ohé ! ohé ! c'est la rentrée !

Citoyens nos amis, n'ayez nulle inquiétude, d'ici le printemps prochain, vous allez en bouffer. On vous dira pour qui voter.

Mais entre-temps, avant que le rideau ne se lève sur ce piteux spectacle et en guise de prélude, de la part de François Villon, laissez-moi donc, ô candidats, vous dédier

La Ballades des Langues Ennuyeuses

En rïagal, en alcenic rochier,
En orpiment, en salpestre et chaulx vive,
En plomb boullant pour mieulx les esmorcher,
En suye et poix destrempee de lessive
Faicte d'estrons et de pissat de Juisve,
En lavailles de jambes a meseaux,
En raclure de piez et vieulx houzeaux,
En sang d'aspic et drocques venimeuses,
En fïel de loups, de regnars et blereaux,
Soient frictes ces langues ennuyeuses !

En servelle de chat qui hait peschier,
Noir et si viel qu'il n'ait dent en gencyve,
D'un viel matin, qui vault bien aussi chier,
Tout enragié, en sa bave et sallive,
En l'escume d'une mulle poussive,
Detrenchée menue a bons cyseaulx,
En eaue ou ratz plungent groins et museaux,
Regnes, crappaulx et bestes dangereuses,
Serpens, laissars et telz nobles oiseaux,
Soient frictes ces langues ennuyeuses !

En sublimé, dangereux a toucher
Et ou nombril d'une couleuvre vive,
En sang c'on voit es poillectes sechier
Sur ces babriers, quant plaine lune arrive,
Dont l'un est noir, l'autre plus vert que cyve,
En chancre et fix et en ces ors cuveaulx
Ou nourrisses essangent leurs drappeaux,
En petits baings de fïlles amoureuses
- Qui ne m'entant n'ay suivy les bordeaux -
Soient frictes ces langues ennuyeuses !

Prince, passez tous ces frians morceaux,
S'estamine, sacz n'avez ne bluteaux,
Parmy le fons d'unes brayes breneuses,
Mais paravant en estronc de pourceaux
Soient frictes ces langues ennuyeuses !

- François Villon (1431 - 1463+? )