Et l'allergie qui en découle, si j'ose dire. Cette allergie qui me fait depuis une quinzaine consommer les boîtes de Kleenex à un rythme hallucinant, ces saloperies de Kleenex qui m'usent les ailes du blair[1] pour les transformer en surfaces de chair à vif qui pèleront demain avant que de se couvrir de croûtes, bheuark, tout en vidant dérisoirement les boîtes de Telfast 180 à un rythme réprouvé des facultés de médecine, et donc non remboursé par la sécurité sociale.

Pollens Je me demande quel est l'enfoiré de foutriquet divin de sa race visqueuse de démiurge moisi qui a inventé ces pollens[2] qui me pousseraient à me défaire de mon nez à la scie égoïne, ce nez transformé en robinet de tonneau mis en perce, ou à sauter du haut d'un quelconque édifice pourvu qu'il soit très haut, pour mettre fin à cette torture qu'oncques chinois raffiné jamais n'imagina.

En plus tout ça finira avec de la morve plein le clavier, c'est moi qui vous le dis.

Et je me demande quel est le fielleux connard auto-satisfait qui, dans une situation aussi désespérément dramatique, se moque cyniquement de votre serviteur en diffusant des contre-vérités pareilles (Image de gauche). Y'a pas de pollen ou presque ? Et ta soeur ! Dis, tu veux mon nez ou quoi ? Faudrait voir à changer les filtres de ta boîte à merdouille, ou c'est le tuyau de ta pompe à fiente qu'est obstrué, je sais pas moi, mais faut faire quelque chose !

Ou alors je ne suis pas seulement allergique aux pollens. Je suis peut-être allergique au foute. Si ça se trouve. Oui, je dois être allergique au foute. Sûrement.

Ca me fait penser que je lisais l'autre jour, il y a plus d'une semaine, dans je ne sais plus quel avatar Internet de quelque grand journal de la presse-qui-ment qu'au palais Matignon[3] et dans quelques autres cercles de fins parlementaires, certains joyeux drilles appelaient désormais notre premier sinistre Domenech De Villepin histoire de le moquer et de se foutre de sa fiole de ouinneur.

Oui mais non, la vanne fait long feu.

Car c'était avant que les bleus ne battent le perfide Ibère avant que de défaire glorieusement le féroce Brésilien sorti du bois.

Et tout ça a comme le goût d'une odeur de déjà-vu. D'un certain "Aimé Jacquet" qu'un célèbre journal sportif pour supporters qui savent lire - il paraît qu'il y en a, ou alors c'est leur mère qui leur lit le journal, ou ils se contentent de regarder les images, je ne sais ? - avait crucifié plus bas que terre[4] durant des semaines sinon des mois, avant de soudainement en faire le demi-Dieu Mémé fraîchement descendu de son Olympe dans une auréole de lumière sur son traineau[5] tiré par onze Nobles Boeufs Bleus gaillardement emmenés par leur Chef le Bleu Zizou et sous la tutélaire protection du Bleu Chauve gardien de l'Autel.
Même pas honte, le journal en question, suivi de tous ses confrères recopieurs d'articles.

Or je me dis comme ça que si ça se trouve, le père Domenech risque bien de ne pas tarder à prendre le même chemin, après que ses bleus en blanc à lui aient remporté la finale virtuelle en quart de finale, on ne sait jamais, ça pourrait bien le refaire, et que d'ici la fin de la semaine ça soit la Saint-Domenech, la Saint-Zizou, la Saint-tout-ça-quoi, enfin la Saint-Barthélémy et qu'on nous fasse encore chier la bite pendant deux ans avec la France qui ouinne la Coupe de Le Monde de foutebôle, et que Chirac en profite pour tenter de se faire réélire en aplatissant Jospin[6] grave sous le noenoeuil au premier tour. Ah non, au fait, il faut plus dire la Coupe de Le Monde de Foute, maintenant que ça se modernise, libéralise, privatise, et sort de l'ornière de l'immobilisme collectiviste ancien tout ça quoi, il faut dire "la Coupe de la FIFA", et ne l'oubliez pas. "Coupe de la FIFA" partout, à droite, à gauche, plein les gadgets et produits dérivés, et jusque dans les jouets de nos MacDos. Exit la Coupe de Le Monde de Foute. Welcome la Coupe de la FIFA. Sic transit.

Bon on disait quoi déjà ?

Ah oui, Domenech de Villepin. Eh bien parions que ça fait déjà deux bons matches que personne au palais Brongniart[7] Bourbon ne l'appelle plus comme ça pour se foutre de sa fiole, maintenant que l'autre est en passe de béatification nationale... Car faut pas déconner, quoi, le Villepin a quand même infiniment moins de chances de figurer au départ de la présidentielle que le Domenech n'en a de finir à l'arrivée de la coupe du Monde, non de la coupe de la FIFA, merde, c'est une habitude à prendre...
Donc tu verrais qu'il continuent de l'appeler "Domenech de Villepin" et que ça finisse par lui porter chance ? Oh mais ça va pas non ?

Remarquez, maintenant que j'envisage que la France puisse gagner, c'est ça qui risque de la faire perdre contre ces Portugais qui sont tellement gais... C'est ça qui serait trop fun, tiens. Rigolu, même, pour reprendre un terme plébiscité par les intercommères.

Enfin bref, comme disait Pépin.

Audimat Foutebôle Après avoir étalé ici sans vergogne le glabouillage filandreux de mes pensées allergéniques,[8] je vais maintetant me reposer en vous livrant les pensées d'autrui, c'est-à-dire celles que j'ai servilement repompéees chez Birenbaum, lequel relève sournoisement dans son domaine d'extension de la lutte que jamais au Grand Jamais télévision ne rassembla, ni de près ni de très loin, autant de téléspectacons que lors des grandes orgies foutebôlistiques.[9]

Ce qui est quand même plus que révélateur de la signification préoccupantesque, ne trouvez-vous pas ?

Ni pour le 11 septembre 2001, qui pourtant, a fait un peu de bruit, avec cette amusante démolition de buildings en direct. Ni pour la Saddamisation d'Hussein par le Dabbeulyou Boys Band. Ni même pour l'enterrement de Jean-Paul "Karol" Wojtyla ou pour les JMJ.[10] Je suis sûr que pour la crucifixion du Christ, y'aurait eu la télé, moins de monde aurait regardé.

Etonnant, non ? (© Desproges)

Et à propos de Desproges, tiens, puisqu'on en cause, et puisqu'Internet en général et les blogs en particulier sont, paraît-il, de kolossales entreprises de Recyclage Perpétuel, c'est toujours chez Birenbaum[11] que je repompe ce magnifique texte à propos d'un tas de gros cons, que ce brave Desproges écrivit avec tellement plus de talent que n'en aura jamais votre humble serviteur qu'à lire ce genre de type, soit tu cesses définivement d'écrire, pour le plus grand dam de l'humanité souffrante à jamais privée de ton indispensable prose, soit tu continues quand même parce que ça te démange un peu, mais modeste, que dis-je modeste ? Humble. Humble et sans illusion.

Mais allons-y donc pour le Grand Pierre, reproduisons-donc icy ce Noble Texte qui mérite Eternelle Diffusion, et je prie que les ayant-droits, ou gauches, ou avant-centres du Grand Pierre ne me traînent point devant les robes des juges puis sur la paille humide des cachots pour cette innocente reproduction d'un admirable texte sur mon très humble blog, où cela ne me rapporte pas la moindre ombre d'un kopeck. Et puis si vous tenez vraiment à poursuivre quelqu'un, poursuivez plutôt Birenbaum, c'est lui qu'a commencé, na !

Zyva Grand Pierre, le micro est tout vert :

Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j'entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu'ils existent, subissent à longueur d'antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l'honneur minuscule d'être champions de la balle au pied.

Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s'abaisser à jouer au football.

Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints.
Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s'enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d'usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?

Je vous hais, footballeurs. Vous ne m'avez fait vibrer qu'une fois: le jour où j'ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J'eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu'à la fin du tournoi. Mais Dieu n'a pas voulu. Ça ne m'a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu'on fasse et où qu'on se planque, on ne peut y échapper.

Quand j'étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l'école ou dans la rue. On me disait: "Ah, la fille !" ou bien "Tiens, il est malade", tellement l'idée d'anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.

Je vous emmerde. Je n'ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

- Pierre Desproges, Chroniques de la haine ordinaire.

Notes

[1] Allô ? Tony?

[2] Même étymologie que pollution, est-il besoin de le rappeler ? Pollution qui signifie à peu près la même chose que "carte de France", ce qui explique la raison du comment du pourquoi de ce que produisent en abondance les supporters peinturlurés les soirs de victoire de l'équipe des bleus qui portent des t-shirts blancs, mais franchement, dans toute cette histoire, y a-t-il quelque chose à comprendre ?

[3] On ne l'appelle pas "palais" d'habitude, je sais, mais puisqu'ors de la République et monarchie républicaine il y a, j'ai décidé à l'unanimité de ma propre opinion de désormais appeler palais tout ce qui gouverne notre belle France d'en bas avec un peu plus de hauteur qu'une humble sous-préfecture de Corrèze.

[4] Ce qui demande une certaine souplesse.

[5] Euh, c'est peut-être le Père Noël ça, je ne suis plus très sûr de ma mythologie...

[6] Jospin, le Retour de la Mission. Ces mecs sont capables de tout, sauf d'avoir honte. Mais c'est pas grave, on a honte pour eux...

[7] Quel joli nom !

[8] Ta mère. Une fois sur deux.

[9] Source imédias.

[10] AKA la Catho-pride. Concept furieusement repompé par l'Obersturmpape qui nous invente maintenant des Journées Mondiales de la Famille, tiens, c'est marrant, ça...

[11] C'est pas Maïtena qui faisait "Les Maternelles" sur la 5 et dont à laquelle Mâ Anandaramesh était enamourée durant son congé mater' ? Ah non, c'est Biraben, pas Birenbaum, je confuse.