Les trains qui arrivent à l'heure
Par Petaramesh le jeudi 1 juin 2006, 12:52 - General - Lien permanent
Vous reprendrez bien encore un peu de métablogage ?
Dans son récent article "Redémarrage ?", Traou nous fait part des difficultés d'écriture sur son blog (notamment autocensure), et des questionnements qu'elle rencontre depuis qu'elle a appris que son blog a été lu par l'un de ses proches, qui est évidemment susceptible de continuer de le lire, à tout instant.
Savoir qu'un proche connaît notre blog, c'est un peu une épée de Damoclès permanente.
Ceci me pose de nouveau des questions très particulières à ce type d'outil qu'est un blog[1], et aujourd'hui, plus spécifiquement, la question du rapport entre le blog et le proche, vue sous deux angles différents[2].
La représentation de nos proches dans nos blogs
Parler de tiers est bien délicat ! On dit même que le Sage devrait prendre un soin tout particulier à ne jamais le faire. Parler de proches l'est encore davantage, tant nous sommes liés à eux par une relation affective qui rend bien difficile toute objectivité, et bien impossible toute neutralité.
Le caractère d'un être, sa relation avec nous, son comportement vis-à-vis de nous, ou notre comportement vis-à-vis de lui, sont des sujets pour lesquels il n'existe nulle Vérité objective, commune à tout observateur, mais seulement des "vérités" subjectives, ma "vérité", la sienne, celle d'un autre membre de la famille, celle d'un observateur extérieur, de la voisine, du collègue de bureau... du lecteur de mon blog. Chacun son implication, chacun son rôle dans la relation, chacun son point de vue, chacun ses attentes, chacun sa "vérité".
Bien sûr, si l'on organisait un débat entre tous ceux qui connaissent une personne, en l'absence de celle-ci, finirait-on sans doute au bout d'un temps par obtenir un certain consensus sur les traits principaux de son caractère, mais pour autant, parviendrait-on à définir la Vérité de ce qu'est cette personne ? Certainement pas. Certains traits de sa personnalité, qui apparaîtraient aux uns, resteraient à jamais invisibles pour les autres. On n'en obtiendrait, au mieux, qu'une sorte de portrait-robot. Et ce portrait-robot, finalement, ne représenterait la "vérité" de personne.
Aussi, si je parle sur mon blog de mes proches, ou de l'un d'eux, de ma relation avec eux, ne puis-je avoir aucun espoir d'être fidèle à La Vérité, puisqu'il n'y en a pas, et encore moins à leur "vérité". Tout au plus ai-je l'espoir de pouvoir être fidèle à ma "vérité".
J'ai non seulement l'espoir d'être fidèle à ma "vérité", mais on pourrait dire, également que j'en ai le devoir, que c'est bien la moindre des choses.
Et pourtant, même cela, le puis-je ?
Si j'en crois ma propre récente expérience, c'est extrêmement difficile. Les relations humaines sont extraordinaires par leur nombre de facettes et leur complexité, et c'est encore plus paroxystiquement vrai pour nos relations à nos proches, étalées sur des années, imprégnées d'une évolution commune, ou parallèle, ou perpendiculaire, de croisements, de conjonctions et d'oppositions, de loupés et de collisions... et, encore une fois, d'investissements affectifs très forts.
Quand je parle d'un de mes proches, dans un billet, dans un article, je ne peux jamais englober en quelques mots la richesse et la complexité d'une telle relation, encore moins la complexe richesse de la personnalité de l'autre. C'est tout bonnement impossible. Il faudrait des années, billet après billet, facette après facette, pour espérer seulement s'en approcher, touche après touche, à la mode impressionniste. Et même si nous avions le temps de l'écrire ainsi, qui prendrait celui de nous lire ?
D'autre part, comme l'enseigne le dicton, les journaux ne parlent jamais des trains qui arrivent à l'heure
. Il en va de même des blogs. Quand nous éprouvons le besoin de prendre la plume, de bloguer un billet, de raconter "à son cher journal" ou, sur un blog, à autrui, une péripétie ou un moment particulier de notre relation à l'un de nos proches, il s'agira presque toujours d'un moment particulier, d'un moment intense. D'un moment d'amour ou de haine, de bonheur profond ou de grande frustration, de joie ou de colère.
Rarement de l'un de ces instants banals qui font, finalement, sur la durée, quatre-vingt dix pour cent du quotidien. De ces instants banals de détente, de simple tendresse, de confiance ou d'indifférence ou de sourde hostilité, ou de silence, ou de quoi que ce soit qui occupe la majeure partie de la tonalité de notre relation. De choses qui parfois, colorent à tel point notre relation, en déforment à tel point la balance des blancs que nous ne les voyons plus, comme nous n'avons plus conscience, au bout de quelques minutes, d'être dans une pièce éclairée par une lampe de telle couleur particulière.
Alors finalement, sur notre blog, que disons-nous de l'autre quand nous racontons, sur l'instant, telle péripétie de notre vie, de notre relation ?
Pas grand-chose de sensé, j'en ai peur. Enfin si, mais à condition de comprendre la narration pour ce qu'elle est : la peinture d'un instant, d'une facette, sincère de notre point de vue, mais ne montrant que cet instant, sans prétention à décrire de manière plus globable l'autre, ou notre relation. Il faudra voir cela comme le partage d'un instant, ou comme un exutoire. Rien de plus.
Peut-être est-il nécessaire de prendre du recul, peut-être est-il nécessaire de ne contempler que de longues périodes d'un assez lointain passé, pour être capable à la fois d'en dégager la tonalité dominante, et d'atteindre sinon à l'illusoire objectivité, du moins à l'essentiel de notre propre "vérité".
Et même cela... Tant il est vrai que la mémoire reconstitue et jamais ne restitue... Tant il est vrai qu'elle choisit, sélectionne, colore... Tant il est vrai qu'avec le temps qui passe la mémoire de l'un, pour le même événement, peut dériver de plus en plus loin de la mémoire de l'autre.[3]
Ainsi, si je relis ce que j'ai écrit moi-même sur ce blog à propos de Mâ Anandaramesh, de notre relation, de notre couple, je m'aperçois à quel point tout ce que j'ai pu en dire ces derniers temps est partiel, fragmentaire, incomplet. Tout ce que j'ai écrit est exact, bien sûr. De mon point de vue, et sur l'instant. Ce sont d'Authentiques Fragments de la[4] Véritable Mosaïque. Mais ces seuls fragments ne permettent pas de reconstituer la totalité de la mosaïque, ni de vraiment comprendre ce qu'elle représente, et même pas d'en saisir la couleur dominante.
Ce sont de petits bouts ; il manque le plus gros.
Aussi, je me dis que si jamais Mâ Anandaramesh parcourt ce blog, lit ces articles, et qu'elle se dit "Alors c'est ainsi qu'il me voit ! C'est ainsi qu'il me décrit ! C'est ainsi qu'il voit notre relation !", eh bien, ce sera inexact.
Car elle ne verra alors que ce que j'ai eu besoin d'écrire de certains des événements, questionnements, aspects de son caractère ou de notre relation qui ont été pour moi les plus douloureux, les plus problématiques, ou les plus incompréhensibles, ou les plus insupportables... au cours des derniers mois.[5] De ce que j'en ai ressenti à certains moments précis. Mais tout cela mis bout-à-bout ne représente ni elle, ni notre relation. Ca ne représente qu'un ensemble de fragments de la mosaïque. C'est tout.
Et toi lecteur, qui as lu ces articles, et qui crois qu'ils t'ont dépeint l'essentiel de ce que vit actuellement un couple, eh bien non, justement, tu as lu de la "vérité", et pourtant il y manque l'essentiel.
Qu'est-on finalement capable de décrire ?
Quoi qu'il en soit, ceci nous amène au deuxième aspect de la question que je souhaitais traiter aujourd'hui :
Ce que nos proches trouvent en lisant notre blog
Je vais traiter cette question sous forme des réflexions que m'inspirent l'article de Traou "Redémarrage ?", ainsi qu'un commentaire qu'une autre (et non des moindres) lui a laissé.
Quelqu'un m'a lue. Et m'a fait reproche de certains de mes écrits.
Lisant cela, je m'interroge : Comment peut-on reprocher à quelqu'un ce que celui-ci écrit, poussé par le besoin, en toute sincérité ? Que peut signifer un tel reproche, sinon que le reprochant nie au narrateur-blogueur le droit à posséder sa propre vérité, sa propre vision des choses, ou lui nie à tout le moins le droit de les exprimer ? Mais de quel droit ? A quel motif ? En tant que Seul Détenteur de la Vérité Unique ? Ou en tant que Seul Juge de Ce Qui Doit Être Dit ?
Le reprochant, finalement, traite-t-il le narrateur de menteur, ou d'indiscret (lavons tout ce linge sale en famille) ?
Un tel reproche disqualifie aussitôt le reprochant à mes yeux, en ce qu'il ne cherche en rien à comprendre l'Autre, le narrateur, il cherche seulement à conforter sa propre image, et ne saurait supporter qu'elle fût écornée.
Comme y répond admirablement Ko[6] dans ce commentaire :
J'espère que tu vas vite trouver le chemin pour te détacher/libérer de ce regard qui n'en est pas vraiment un (pas parce qu'il ne serait pas bienveillant ; mais parce que ce n'est pas un regard qui regarde, mais un regard qui rapporte à lui, qui se cherche soi dans ce que tu donnes à voir).
Voilà. Là, Ko a tout dit, à tel point qu'il ne reste plus guère qu'à paraphraser ce commentaire, ou à en faire l'explication de texte.
Quand un inconnu lit ce que tu écris, c'est, a priori, parce qu'il s'intéresse à ce que tu écris, parce qu'il s'intéresse à toi, donc.
Par contre, quand un proche lit ce que tu écris, ça peut soit être pour la même honorable raison : S'intéresser à toi, chercher à mieux te connaître, à mieux te comprendre, à apprécier ta sensibilité, ton écriture...
...mais cela peut aussi être pour toute autre raison : Chercher à savoir ce que tu penses de lui, ce que tu diras de lui, de votre relation. Là, l'autre ne te lit plus avec le moindre intérêt pour toi, il ne te lit plus qu'en rapportant tout à lui.
Dans ce cas, mieux vaudrait qu'il ne te lise pas, en effet. Mais dans ce cas, tu ne lui dois rien, ni explication, ni justification. Ce que tu as écrit, si tout ce qu'il y cherche, c'est lui-même, qu'il le prenne ou qu'il le laisse, qu'il s'en aille avec ou sans. Cela devient - et, depuis le début, est - son problème, en aucun cas le tien.
Et tu n'as donc aucune raison de te laisser influencer par ce regard qui ne te cherche pas toi, mais qui se cherche lui, à travers ton propre regard. Aucune raison de te laisser influencer, certes. mais c'est plus facile à dire qu'à faire ;-)
...N'est-ce pas ?
Notes
[1] Questions à propos desquelles j'ai déjà par le passé écrit quelques billets ici, par ordre anti-chronologique: In and Out, Blogs et conjoints (ou disjoints...), Le thon, c'est bon !..
[2] Ces réflexions ne répondent d'ailleurs pas directement aux interrogations de Traou, c'est simplement ce que tout cela évoque librement en moi, c'est pourquoi ce texte est un billet chez moi plutôt qu'un commentaire chez elle...
[3] Je pense en particulier à certains événements familiaux très anciens dans la mémoire de ma mère, ou dans la mienne. Nous pouvions être en accord sur certaines choses de mon enfance il y a 15 ans... Et en total désaccord aujourd'hui. Ma ferme impression est que sa mémoire a totalement reconstruit les faits depuis selon ce qui lui convient affectivement le mieux. Mais elle en pense probablement autant en sens inverse...
[4] ...de ma...
[5] Hélas, notre relation n'a actuellement pas une dominante rose, alors, forcément, il y avait dans tout cela beaucoup plus de noir que de rose... D'autant que bien évidemment, le rose est moins problématique, donc moins blogotropique.
[6] Ko, y'en a marre que tu touches aussi juste à chaque fois que tu prends la plume, cette perfection de perception et d'expression que tu possèdes va finir par devenir énervante, je le sens ;-) Mais non je déconne, ce n'est que totale admiration de ma part :-)











Commentaires
Oui, voilà, les blogs, c'est pas un forum, pas vraiment un espace public, le taulier il y fait ce qu'il veut, mais il faut quand même faire attention... parce que c'est quand même un peu public et que quand même, on ne sait jamais, si on dit une connerie, ça risque de se retourner contre soit.
Et donc. Quand les commentaires ne plaisent pas au taulier (je ne fais en disant taulier que reprendre l'expression consacrée ici), on peut les virer. Mais pour ce qui est des lecteurs de la vraie vie... impossible de les empêcher de lire, eux... Et les commentaires dans la vraie vie, impossible alors de les éviter du coup. Alors c'est quoi qui est gênant dans les "cons" qui viennent polluer les commentaires ? Le fait qu'ils rappellent un peu la vraie vie ?
Les blogs, parfois, ça me donne l'impression d'un monde à la "Alice au pays des merveilles" où les gens voudraient y vivre et y être ce qu'ils rêvent qu'ils sont et où les seuls commentaires tolérés seraient ceux qui vont dans le sens du dit rêve, une sorte de miroir sous contrôle. Un peu comme le "blog" de Ségo' où les commentaires négatifs sont virés... pas dans un diner de cons... mais c'est presque pareil.
A quand la tentation de mettre un login/mot de passe avant de pouvoir lire vot' prose ?
Aucune agression personnelle dans mes propos, juste des interrogations. S'exposer publiquement, c'est risqué. Et de nombreux blogs (ce n'est pas que propre aux blogs d'ailleurs) font dans l'exhibitionnisme et dans le déversement intime sans s'en inquiéter... jusqu'au jour où... et ce jour là, ça semble tout neuf, comme si c'était bizarre. Mais c'est normal non ?
Bretecher aurait matière à produire quelques épisodes complémentaires des Frustrés en fait, je crois, si elle passait un peu de temps à lire les blogs. Ces dialogues inter-blogs me rappellent ça... :-)))
Voilà-voilà... Commenter quoi, en fait? Tout est dit, non? :)))
Bon, pour la touche perso, je répèterai juste ce que je disais chez Traou: "Je crois que quand on blogue dans l'anonymat, être découvert(e) un jour ou l'autre fait partie du "jeu"..."
Bon, bah si! Y'avait encore des choses à dire et Fred., de L. l'a fait très justement dans son premier commentaire! :)
Voilà-voilà... (Je repars!)
@Fred de L.: Bien que votre premier commentaire soit considérablement hors-sujet par rapport à l'article qu'il prétend commenter (qui parle, rappelons-le, du rapport entre blog et proches et non pas de la Sçanssure fââchisteuh des commentaires par le meuchant taulier), ce qui constituerait à soi seul un juste motif de Tchernobylisation sommaire, je le laisse ici pour cette fois, à la fois parce que je ressens trop fort la puissance de votre besoin de vous esqueprimer qui déchire, alors voilà, c'est fait, réjouissez-vous, et en tête de gondole en plus ! et puis surtout parce que ça finit quand même par me coûter cher de vous inviter à dîner tous les jours, la maison est généreuse, mais faut quand même pas abuser...
Comprenons-nous bien : Non que je trouve particulièrement inadmissible grand-chose du contenu de votre commentaire, non, il est simplement déplacé dans le sens où un commentaire hors-sujet n'est pas à sa place, et, bien que n'ayant pas un goût immodéré pour l'ordre (bande son : bruit de bottes), je me fais tout de même une douce violence pour ne pas en faire prétexte pour le ranger à sa place, donc.
Pour votre deuxième commentaire, souffrez, Monsieur, que je ne souhaite pas entrer sur le terrain de la frustration avec vous, et enfin, pour tout ce qui, dans vos deux commentaires ci-avant, se terminerait par un point d'interrogation ou ressemblerait à une question, permettez-moi de vous faire assavoir que ma réponse est Mu.
Il n'est, en post-scriptum, pas improbable, c'est une litote, que ma mansuétude soit moins grande à l'avenir en cas de poursuite de ce trollage (ce qui est une façon fort civile de dire , vous en conviendrez avec moi).
Bon, bah, j'ai rien compris, alors...? :( Ou alors je ne suis pas au courant de toute l'affaire...? :-/
Personnellement -innocente que je suis-, je trouvais que le propos de Fred était... vrai, aussi... Et j'ai pris son propos au 1er degré et non comme un règlement de compte ou une attaque...
?! (Rose plongée dans des abîmes de perplexité...)
No problemo, Rose :-)
ouf!
Je n'avais pas commenté plus tôt ton billet - pertinent - en écho au mien (et à de nombreux autres en ce moment... c'est un sujet universel des blogs ;-)), notamment parce que j'étais fort perplexe devant le peu d'à-propos des commentaires de Fred ci-dessus (il devrait ouvrir un blog, à mon avis, il a l'air un peu frustré d'expression...).
Effectivement, Ko exprime les choses avec infiniment de justesse, comme je le lui ai fait remarquer chez moi.
Vos analyses aux uns et aux autres m'aident beaucoup à faire le point sur ce qui était un problème depuis quelques semaines. Soumettre cela à votre regard et à vos conseils était une bonne solution...
@Traou : Qu'un commentaire inopportun puisse nous priver du plaisir de commentaires opportuns, ça rend la chose doublement ennuyeuse... :-/
Voilà qui me fait trouver pour le coup encore plus opportune l'idée de traiter les importuns sans douceur excessive, surtout s'ils deviennent carrément lourds (genre le type qui s'acharne à te casser les pieds sur un même sujet à travers 3 semaines et les fils de commentaires d'une douzaine de billets. Paraît qu'il y en aurait, de tels fâcheux...). Rien de tel pour te plomber l'ambiance, d'où la parfois nécessaire invitation à dîner...
Je suis quoi qu'il en soit heureux que tes amis blogueurs aient pu t'être collectivement utiles. C'est décidément une grande famille :-}
Comment se peut-il qu'elle ignore encore l'existence de ce lieu où tu dois passer pas mal de temps ? Telle est la question.
@Pla :
Toi, tu ne suis pas vraiment, tu dors au fond près du radiateur ;-)
D'où déduis-tu qu'elle l'ignore ?
Lis-donc la fin de cet article : "Blogs et conjoints (ou disjoints...)"...
''A propos des commentaires (hors sujet, déplacés, etc.) : en fait, c'est hyper gênant, parce que la distraction du hors sujet entraîne le commentateur éventuel loin de la pensée qu'il (qu'elle pour moi en l'occurence) avait eue initialement en ouvrant le fil des commentaires.
Je trouve ça très bien, l'idée du déplacement dans le fil indiqué (qui va lui aussi m'entraîner de plus en plus loin dans la découverte de blog pour moi) ''
A propos des trains qui arrivent à l'heure, donc (que j'ai dû relire en intégralité, non seulement parce que je suis décidément une bien petite tête, mais surtout parce qu'il énonçait du contenu riche, dense, et intéressant), je retiens la pensée plaisante que le proche peut être tenté par sa propre image dans la lecture d'un blogue, et qu'il convient alors de s'en rappeler s'il lui venait de faire un commentaire qui nous toucherait.
Cependant, je ne suis pas à cent pour cent certaine qu'un inconnu qui vient lire s'intéresse absolument à l'auteur de ce qu'il lit. Il lui arrive aussi de vouloir trouver des miroirs à sa propre pensée ou à ses propres idées, ou ses propres opinions et jugements. De les percevoir comme énoncés par quelqu'un d'autre, comme une validation, ou bien autre chose...
Maintenant, du point de vue de l'auteur, recevoir des inconnus ou des anonymes est moins "menaçant" pour sa propre image, parce qu'il est plus facile de détecter dans le commentaire de l'inconnu s'il se fourvoit et ne nous accorde pas une reconnaissance gratifiante.
Bon, voilà que je m'égare. Pour un tout premier commentaire ici, je demande pardon pour cette loghorrée.
Eternelle question que se pose le blogueur ! En ce qui me concerne, je ne cache mon blog à personne et je préviens toujours de ne rien prendre de ce que j'écris au premier degré. Et bien paf ! il y en a toujours qui le font quand même (parano quand tu nous tiens) parce qu'effectivement ils ramènent mes textes à eux. Tant pis pour eux, c'est à rendre ou à laisser. J'aime beaucoup cette idée que ce que nous écrivons est une mosaique, un fragment de quelque chose de tellement plus complexe que même nous (grands écrivailleurs devant l'éternel) ne pouvons pas exprimer (tu imagines le roman fleuve si on pouvait ?).