Affreux vilain démon
Par Petaramesh le jeudi 20 avril 2006, 10:19 - Chienne de vie - Lien permanent
...Suite des aventures non-clopesques de Swâmi Petaramesh...
Ce matin, je suis aux prises avec le terrrrrrible démon Nikotinus et ses exhortations : Fume donc !
Argh ouille !
Au matin de ce 3ème jour de résistance passive, le manque de nicotine se manifeste de manière beaucoup plus impérieuse et cruelle que les deux jours précédents.
Les deux premiers jours, finalement, c'était presque facile : J'étais tellement dans le cirage, j'avais le neurone tellement collé et tellement dans le gaz que j'en étais presque anesthésié.
Mais pas ce matin.
Ce matin, je suis considérablement moins endormi que les deux matins précédents. Mais je suis considérablement plus énervé, physiquement comme mentalement, considérablement plus en manque.
Mon démon intérieur s'agite comme pas permis, il s'en donne à coeur joie, le petit salopard, à me chanter Fume ! Fume ! Fume !
sur l'air des lampions.
Le cochon est un sournois, qui profite du moindre signe de faiblesse ou du moindre moment un peu dur pour rappliquer en courant avec son argumentaire...
- Rends-toi compte, me dit-il, comme tous les désagréments physiques très intolérables que tu ressens disparaîtraient aussitôt, dès la première bouffée ! La crispation dans les épaules, là, finie ! Les picotements partout dans les muscles, une bouffée et envolés !
- Rends-toi compte, me dit-il, comme elle serait bonne ! Rappelle-toi la sensation que ça fait...
- Tu aimes ça ! Hein, que tu aimes ça ! La cigarette, c'est boooooon ! Vivre sans ne vaut pas la peine de vivre, si ?
Rhàhààhààààà !!! Rhgngnggngngngnnn !!!
Dans ces cas-là, se cramponner aux branches. Se rappeler "Non ! Je n'irai pas jusqu'au tabac ! Si j'y vais, c'est foutu !"
Se rappeler qu'on ne négocie pas avec ce démon-là. Tout ce qu'il veut, c'est me baiser, et il mettra absolument toutes les manoeuvres les plus sournoises à profit pour y arriver. L'ignorer, le bougre.
Prendre du recul. Il n'est puissant que parce qu'il profite d'un instant de faiblesse pour jeter d'un coup son énergie dans la bataille pour te prendre en défaut. Par surprise. Aha. Mais si tu parviens à résister sur l'instant, à prendre juste le recul nécessaire, alors tu l'as eu. Il est démasqué ; ses méthodes sont visibles et cousues de fil blanc.
Si tu parviens à te détendre, à te décontracter, à souffler un bon coup, c'est gagné. Pour l'instant.
Mais il reviendra le salaud, à la prochaine occasion. Il reste en embuscade, il n'attend que ça.
Wah, ce matin, vachement dur. En emmenant les Nains à l'école, je me récite le mantra Ne-pas-aller-au tabac ! Ne-pas-aller-au-tabac !
pendant que le p'tit démon chante Va au tabac ! Va au tabac ! Tu vas y'aller ! T'en as trop envie !!
Me dire que nonhonhonhonnonononon j'ira pas au tabac. Nonhohohohohnononon j'achèterai pas un paquet. Sinon je suis foutu (et ridicule devant toute la blogosphère réunie en plus, mais ça, on s'en fout un peu en cet instant précis).
Me dire que si je vois une mère d'autre gosse avec une cigarette à la main, je la supplierai à genoux de m'en offrir une, plize, aidez-moi ayez pitié du pôvre junkie, donnez-moi une clope comme ça j'irai pas au tabac !.
Aucune mère d'élève clope au bec. Horreur, malheur ! Ces connes ont toutes arrêté de fumer ! Arghh !
Rentrer maison vite-vite. Ne-pas-aller-au tabac ! Ne-pas-aller-au-tabac !
. Ne pas. Tu y es pas allé ! C'est toujours ça de gagné ! ...Pour l'instant.
Serrer les dents devant la tasse de café. Argh ! Aïe ! Dur-dur. Se rappeler toutes les bonnes raisons qu'on a de vouloir arrêter, et aucune bonne raison de vouloir continuer. Aucune, en dehors des raisons du démon.
Tousser un bon coup et se dire "T'as vu, t'as presque pas toussé, depuis 2 jours. Mais c'est loin d'être fini quand même. Tu veux finir de te ruiner la santé, ou essayer de sauver ce qui est encore sauvable ?"
Groumpf.
Jeter un coup d'oeil sur le balcon. Des fois que la voisine y serait à fumer une cigareeeeeette !!! On pourrait lui taper une clooope !!!
Nan, merde, pas de voisine. La vie est chienne.
Je retourne à ma lâcheté. Groumpf, y'a rien à fumer.
Encore une heure de tenue, la prochaine, ça fera encore une de plus.











Commentaires
J'irais bien dire que lorsque la motivation d'aller au tabac est si forte, et qu'on résiste malgré la diminution des motivations pour arrêter de fumer, on est content de trouver la volonté, mais je vais sûrement encore heurter un écueil...
Courage Swâmi ! Tiens bon ! Toute(?) la blogosphère est en haleine !
Aujourd'hui c'est le pire. Demain, tu seras sevré physiquement (et oui, trois jours pas plus. Incroyable, non ?).
Allez hop, un demi litre de flotte pour faire passer l'envie, et c'est reparti !
Evite le café pendant ta période de sevrage. Au contraire, fais toi des infusions de tilleul ou autre breuvage calmant. Quand t'as une méchante envie d'aller sur le balcon pour taxer une tige à ta voisine, suit le bon conseil d'Anne : avale de la flotte jusqu'à plus soif. C'est radical.
@Anne :
C'est gentil de me le dire. Bon, ce n'est pas vrai, mais c'est gentil quand même ;-))
D'après le site sante.gouv.fr :
Je n'ai pas eu l'impression qu'il ait duré plus d'1 semaine en ce qui me concerne.
Bon, quelques "trucs" d'ex-grosse fumeuse (non, grosse je le suis devenue APRES avoir arrêté, ha, ha, que des bons souvenirs... 10 ans après) :
Voilà, mon Swâmi, courage et persévérance, et des bisous !
Sérieusement -tu sais l'être parfois, pas vrai?!-, avec tout ce que tu nous as dit sur ta santé, tu peux pas continuer! A fumer je veux dire! pas l'inverse! Il faut tenir! Je sais bien que c'est facile à dire, et que nous, on changera rien au fait que tu y arrives ou pas, mais... Pfff, c'est nul de fumer, m*rde!
(Je le redis: acupuncture (avec un seul "c", ça suffira!), si tu sens que tu vas craquer -ou autre chose, je sais pas, un truc qui t'aide!-! mais tu peux pas t'y remettre! On est tous là à suivre ton combat contre la cigarette comme si c'était l'Iran avec le nucléaire! M*rde! tiens bon!)
@Traou: A noter, à part les X-cite, qui sont à base d'aspartam, tous les chewing-gums sans sucres contiennent des polyols, qui sont.... des sucres. Il est vrai que leur pouvoir calorique est 40% moindre, mais ils font tout de même grossir.
Toujours bon à savoir, les polyols ne provoquent pas de caries, eux.
Au lieu d'entrer au tabac, entrer dans une pharmacie et là, parler avec la pharmacienne : on est super bien vu de ces gens-là, hygiénistes
casse-couillela plupart du temps, ils sont heureux de sauver une brebis du troupeau. Soit on leur achète les patchs, soit on ne leur achète pas mais on cause, on se lamente, on échange des idées sur le sujet. Bref, ça remplace avantageusement la visite chez le buraliste (voire chez le psy) On peut aussi dragouiller un peu si le vendeur est mignon / si la vendeuse est accorte.Homéopathie : moi qui pourtant privilégie ce type de médecine, ça m'a fait autant d'effet qu'un cautère sur une jambe de bois...
Acupuncture : je n'ai pas essayé.
Allez Swâmi, on est avec toi, courage, et surtout "juste pour aujourd'hui" ! :-)
Mais si c'est vrai ! La dépendance physique, c'est trois jours. Après c'est dans ta tête "seulement".
Et puis tombe enceinte, histoire que l'odeur te dégoûte, ça aide à vaincre sa propre tête !
@Toutes z'et tous : Merci de vos encouragements répétés qui me vont droit au coeur.
D'un autre côté, c'est vrai que c'est emmerdant, je ne peux pas être tranquillement lâche tout seul dans moin coin, maintenant que tout le monde me surveille :~\
@Traou, Rose : Acupuncture ? Yeueeeuuuhhhh ! Faudrait déjà trouver un acupuncteur qui coure plus vite que moi ;-)
@Rose : C'est ça, traite-moi de ruine, pendant que tu y es ;-)
Le moteur de Swâmi Petaramesh a beau être un peu foutu sur les bords, la carrosserie a encore fière allure, et ce vieux chien a encore sa fierté, non mais quoi ! ;-)
@Samantdi : Supporter les commérages pleins de commisération et de fausse sollicitude de la pharmacienne et ses préparatrices ? Savapanon ? Je préférerais encore retourner au tabac ! Argh !
Et puis, le soutien moral nécessaire, ne l'ai-je pas déjà trouve en mieux auprès de vous tous ?
Homéopâââthie ? <Mode "miracles et multiplication des pains" = on> C'est bien, les ch'tites granules, ça fait exactement le même effet thérapeutique qu'une ch'tite granule de pur sucre.
Vu que c'est exactement de ça qu'il s'agit, puisque pour tout nombre de "CH" supérieur ou égal à 9, on ne trouvera pas dans le tube une seule molécule du produit toxique dont le nom est inscrit sur l'étiquette en latin de cuisine...
@Anne :
Ca ne correspond guère ni à ce qui est écrit un peu partout, ni au souvenir que j'en ai gardé... A mon souvenir, c'était plutôt :
(Vu par le petit bout de la lorgnette de mon optimisme légendaire)
Bah moi, j'ai toujours entendu dire que quand on fumait on avait le poil terne? C'est pas vrai??? :D
Mah, non, je te traite de rien du tout, je pense juste à Fernand Reynaud et "pourquoi tu tousses", rien de plus!
Pour ta gouverne, j'ai été torturée à la seringue étant gamine -si-si!- et j'ai une peur-panique des piqûres, mais je peux t'assurer que l'acupuncture n'a rien à voir avec tout ça (le médecin avec son vaccin peut me courir après dans son cabinet pour me faire son injection, alors que l'acupuncteur, je le laisse planter ses trèèès fines aiguilles en toute confiance!) :)
@Thierry : C'est fichtrement exact, et en plus je le sais ! J'avèzoublié.. C'est déjà pas mal de protéger ses dents ! :-)
@Swâmi : Ben quoi, t'a peur des aiguilles, grosse bête ?! Quant à l'homéopathie, la bataille blogosphérienne a déjà eu lieu, on va pas remettre ça. Chacun fait ce qu'il veut !
@Rose :
Mais pourquoi donc aurais-tu besoin de te faire planter des banderilles, ô Rose ?
@Traou :
Ah farpaitement : L'homéopathie, c'est comme l'eucharistie, le sang de Saint-Machin qui se liquéfie tous les ans, le Saint-suaire, la multiplication des poissons, les eaux qui s'ouvrent devant l'Autre ou le capitalisme qui nous rendra tous riches, heureux et accomplis : Je respecte entièrement les croyants, libre à eux de croire ce qu'ils veulent ;-)
(Pour faire court) Parce que la semaine dernière, j'ai fait un "overblog" (-> une overblog -> une overdose -> une overdose de blog -et de tout!- / cf. mes billets de la semaine dernière!!!) et mon nouveau médecin généraliste, qui est acupuncteur, homéopathe -trop marre de le médicamentation "classique"-, m'a fait une petite séance "porc-épic" pour que je me détende! (Et ça a bien marché!) Woilààà, tu sais tout!
Je ne rajoute rien, j'ai déjà tout écrit dans mon blog à ce sujet.
Disons juste que tu es en plein dans la tempête et que chaque heure de gagné, c'est toujours ça de pris!
Pour les gros fumeurs réguliers, la dépendance nicotinique, c'est facilement 15 jours pleins et plus ton démon intérieur sent qu'il perd des points, plus il va te tarabuster.
Donc, tu vas en chier, mais profite à fond de ces moments précieux où, après une lutte intense contre toi-même, tu sens le besoin refluer lentement.
Ensuite, une seule stratégie : se penser comme un fumeur anonyme, jamais guéri, toujours abstinent. Croire qu'on est guérissable, c'est l'écueil qui fait qu'on finit toujours par replonger!
Là, j'ai dépassé les quatre ans sans tabac! Ce n'est plus de la lutte, même pas de la course de fond, juste une certaine vigilance quand on est soumis à des circonstances facilitant la rechute!
@Rose :
Et tu n'as rien d'autre comme moyen de te détendre ? Sans aiguilles, veux-je dire...
Ben, euh... yoga, tantra, et caetera. Pfff, ça devient perso, là! :) Faut croire que non... :( Et je préfère les aiguilles d'un acupuncteur aux antidépresseurs! :D (C'était juste pour la rime, hein! Je suis pas encore complètement à la ramasse!!!)
Mais j'espère quand même pour toi que tu crois au Moine Bourru ? A la réincarnation ?
@Samantdi : Je suppose que tu parlais du Moine Bourru, aussi me suis-je permis de remplacer dans ton commentaire le "s" par un "e"...
Euh non, je n'y crois pas des tas, mais il faut dire que je le connais très mal - il faudra que je m'y intéresse - et que je ne crois en rien.
Quant à la réincarnation, je ne la crois pas, je la sais, mais tout dépend bien entendu du sens que l'on met en ce mot, qui peut être compris de manière tellement infiniment variable... ;-)
Un jour de plus... Au début on les compte.
Ce que tu écris me rappelle complètement ce que j'ai vécu et comment je l'ai vécu, mon état d'esprit quand j'ai arrêté. Je pense donc que tu tiens le bon bout... Le lâche pas !
Je sais pas pourquoi mais ça me ferais plaisir de te voir continuer :)
@Le Il de le Gabian : Aurais-je l'impression que tu te prépares doucettement à une nouvelle bataille du même style, et qu'à travers la narration de mes Epouvantables Souffrances, tu la vives par avance et par procuration, un ch'tit peu ?
"Tu "sais" la réincarnation"? Euh... Ca veut dire que tu sais que, à ta mort, tu vas te réincarner (en quoi d'ailleurs?), que tu es déjà la réincarnation de X et...? ... Ca veut dire quoi à la fin?
Tu fais un billet là-dessus, steuplé? Je ne te suis pas (au propre comme au figuré, surtout quand tu dis -ce qui me semble contradictoire- que "tu ne "crois" en rien") mais ça m'intéresse.
@Rose : Euh faire un billet "là-dessus", oui, un jour peut-être, quand mon neurone se sera réincarné à l'endroit...
Et non, "je" ne "vais" pas "me" réincarner "après la mort", parce qu'après la mort, il n'y a rien du tout et encore moins de "je" à réincarner.
La plupart des occidentaux d'ailleurs considèrent la "réincarnation" comme une péripétie par laquelle une âme individuelle changerait de véhicule physique à la mort de ce dernier. La croyance en l'existence d'une âme individuelle et supposée immortelle est la clé de cette conception des choses.
Ils devraient sans doute s'interroger quant à savoir ce que les bouddhistes entendent par réincarnation, quand le bouddhisme ne croit pas en l'existence d'une âme individuelle et immortelle...
Le bouddhiste ne fait pas non plus le distingo matière périssable versus âme incorruptible et immortelle, dualité esprit/matière spécifique des trois monothéismes, mais surtout pas du bouddhisme...
Alors, qu'est-ce qui se réincarne, et quoi t'est-ce t-il que ce mystère peut-il bien vouloir dire ?
J'en reste là pour aujourd'hui, la suite pour le jour où j'y consacrerai un billet et où je pourrai écrire bien des Doctes Conneries à propos de tout ça ;-)
Au fait, dans l'hindouisme, c'est encore très différent, mais c'est le bouddhisme qui pousse le plus l'occidental à s'interroger fortement sur la question ;-)
Tiens ! Un Honduras dans ma boite à cigares ! Que fait ce vil intrus capitaliste au milieu de la glorieuse production communiste cubaine ? Je m'en vais y foutre le feu !
@petaramesh #23
:) En quelque sorte. Ca m'arrivera un jour et je sens que la narration de tes Epouvantables Souffrances fait travailler mon ciboulot à ce sujet (autant que mes commentaires d'ailleurs), j'en suis a un travail de préparation du terrain, restera le déclencheur et la réalisation !
Et pour l'avoir vécu, je sais que c'est une belle victoire de mettre au tapis cette saleté de démon.
@Le Il de le Gabian : L'Affreux Vilain Démon n'est jamais au tapis pour de bon... Le problème c'est que pour gagner, il faut gagner contre lui 100% des fois et jour après jour, tandis que lui, pour gagner, n'a besoin de gagner qu'une seule petite fois... :-\
:-/ Et oui j'en ai fait l'amère expérience.
Le plus dur passé il faut quand même rester vigilant, ne pas se rendormir. Il faudra que je m'en souvienne aussi.
Mantra ? " Ne pas oubliez, une fois au tapis, le maintenir au sol, une fois au tapis...."
Ah, le Moine Bourru ... la réincarnation : en voilà des idées de billets !
SGANARELLE. - Je veux savoir un peu vos pensées à fond. Est-il possible que vous ne croyiez point du tout au Ciel ?
DOM JUAN. - Laissons cela.
SGANARELLE. - C'est-à-dire que non. Et à l'Enfer ?
DOM JUAN. - Eh!
SGANARELLE. - Tout de même. Et au diable, s'il vous plaît ?
DOM JUAN. - Oui, Oui.
SGANARELLE. - Aussi peu. Ne croyez-vous point l'autre vie ?
DOM JUAN. - Ah! ah! ah!
SGANARELLE. - Voilà un homme que j'aurai bien de la peine à convertir. Et dites-moi un peu, le Moine bourru, qu'en croyez-vous, eh!
DOM JUAN. - La peste soit du fat!
SGANARELLE. - Et voilà ce que je ne puis souffrir, car il n'y a rien de plus vrai que le Moine bourru, et je me ferais pendre pour celui-là. Mais encore faut-il croire quelque chose dans le monde : qu'est-ce donc que vous croyez ?
Molière, Dom Juan, 1664
Du même Sganarelle, on lira, pour se mettre de mauvaise humeur, son éloge du tabac :
"SGANARELLE tenant une Tabatiere.
Quoy que puisse dire Aristote, et toute la Philosophie, il n'est rien d'égal au Tabac, c'est la passion des honnestes gens ; et qui vit sans Tabac, n'est pas digne de vivre ; non seulement il réjoüit, et purge les cerveaux humains ; mais encore il instruit les ames à la vertu, et l'on apprend avec luy à devenir honneste homme. Ne voyez-vous pas bien dés qu'on en prend, de quelle maniere obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravy d'en donner, à droit et à gauche, par tout où l'on se trouve ? On n'attend pas mesme qu'on en demande, et l'on court au devant du soûhait des gens : tant il est vray, que le Tabac inspire des sentimens d'honneur, et de vertu, à tous ceux qui en prennent. "
(sur le site ABU, texte en ligne avec orthographe d'origine)
@Samantdi : Excellent ! Quand je pense que j'ai pu oublier un dialogue pareil (mais quand je pense à la quantité de trucs encore plus immortels que j'ai pu oublier aussi :-/ )
Enfin, celle qui agrémente mes commentaires de Molière, de Don Juan et de Sganarelle sera toujours la bienvenue céans...
Quant au Moine Bourru, peste, diantre ! Le mot évoquait vaguement quelque chose à ma mémoire, mais quoi, je n'aurais su dire. Quelque vague légende de fantôme oublié sans doute ;-))
...Me voici donc corrigé.
Pour en revenir au petit démon intérieur, j'ai l'impression d'être bien seule ici à avoir vécu ce que j'ai vécu, mais pourtant, je l'assure clairement : ça n'a pas été difficile, du tout, la fois qui a été la bonne (à ce jour, mais à ce jour, je ne la supporte plus bien l'odeur du tabac... sauf des barreaux de chaise, car là, c'est autre chose).
Ce n'est pas que je l'ai vaincu ; c'est qu'il s'est endormi profondément, si profondément que je ne sais même pas dans quel repli de ma conscience - ou de mon inconscient - il s'est caché...
C'est vraiment chouette ton combat avec la cigarette.
Mais c'est pourtant vrai le coup des trois jours. De mon côté, lorsque j'ai arreté et quand je voyais des gens fumer une clope, je me disais "putain pauvre con, tu ne sais vraiment pas ce que tu fais, moi, je ne fume plus, hé hé hé"
Ca fait pas mal de temps que j'ai arrêté cette sale habitude et tu ne peux pas savoir comme elle est belle la vie sans cigarette...ou plutot si, tu vas bientot t'en rendre compte, et ça c'est vraiment cool. Felicitations!
@Chondre : Le fait de n'avoir pas fumé de cigarette depuis 4 jours ne me donne en rien le droit de traiter, fût-ce mentalement, de "putain pauvre con" un Frère Humain qui continuerait de faire aujourd'hui ce que je faisais pas plus tard qu'avant-hier...
En quoi mon soudain autant qu'imprévu héroïsme à deux balles m'autoriserait-il à me montrer soudain plus dur dans mes jugements envers autrui ?
C'est le type de réaction, fréquente chez les non-fumeurs fraîchement convertis, qui m'a toujours laissé extrêmement pensif...
En dehors de cela, Chondre, merci bien évidemment de tes encouragements.
@Ko : Non, non, tu n'es pas seule :) Moi aussi, la fois ou j'ai arrêté, cela s'est fait effectivement très facilement. C'était le bouquin d'Allen Carr qui m'a mis dans le bon état d'esprit, et toi tu n'as pas eu besoin de cela, c'est, à priori, la seule différence.
@Chondre : sans aller jusqu'à proférer des insultes envers ceux qui ne comprennent pas qu'ils se font du mal et en font aux autres, ou qui n'arrivent pas à trouver la force/etat d'esprit/volonté/motivation/etc. nécessaires pour arrêter, il est clair que la vision qu'on a du fumeur pendant qu'on tente d'arrêter est très importante :
Si, lorsque l'on voit un fumeur, on pense : "Il en a de la chance, lui, il n'a pas décidé d'arrêter, il peut fumer quand il veut" On aura forcément beaucoup plus de mal à s'arrêter définitivement que si l'on se dit : "Tiens, celui-ci fume toujours, c'est dommage pour lui. Pourvu qu'il réalise bientôt combien la cigarette ne présente que des mauvais côtés. En ce qui me concerne, je suis content de ne plus fumer."
Evidemment, tant qu'on n'a pas fait la transition de la phase 1 à la phase 2, arrêter reste très pénible.
@ Thierry : en fait, je ne l'ai pas rappelé ici parce que je l'avais dit ailleurs (chez Rose), mais c'est bel et bien la lecture du bouquin d'Allen Carr qui m'a permis de tourner la page ! Avant de me plonger là-dedans (avec difficultés, car c'est tout de même écrit avec les pieds), j'étais une fumeuse invétérée et, du moins le croyai-je, "heureuse" => en tout cas, déterminée à le rester (fumeuse).
Dingue comme d'un seul coup, j'me sens mois seule ^^!
@Jude : Et puis, tu vois, on y arrive. Le petit démon, ça fait 36 jours que je le tiens en échec, et ça commence à devenir nettement plus facile...
Bonne chance :-}
Olala...3 jours que je ne fume qu'une ou deux cigarettes par jour... J'y arrive pas, J'y arrive pas mais je sais que c'est faisable! C'est si dur courage! Si tu reussis je reussirais...
@Erzulie :
Là, j'en suis à 56 jours sans avoir touché à une clope... Sauf un soir 3 barres tirées sur la clope d'une copine.
>
Oui, c'est dur, très, mais si même moi j'ai pu y arriver (enfin, jusqu'ici...), alors n'importe qui peut y arriver et tu y arriveras, y'a pas de raison.
Et puis, se dire que tant qu'à arrêter, autant le faire avant de s'être complètement bouzillé le système plutôt qu'après...
Tous mes voeux t'accompagnent (mais si tu hérites du même caractère que moi, mes condoléances à ton entourage...).