Je m'ennuyais sans doute.
Par Petaramesh le mardi 18 avril 2006, 16:19 - Chienne de vie - Lien permanent
Amie haïssable, ennemie intime...
Ce billet nuit gravement à la santé.
Vers l'âge de 10 ans, le pneumologue-allergoloque qui m'examina pour ce méchant rhume des foins annuel me dit Mon p'tit, toi, avec les bronches que t'as, t'as vraiment pas intérêt à fumer plus tard...
.
A 14 ans, je fumais des Camel filtre. Le plus souvent. Sinon à l'occasion, n'importe quoi pour épater les filles, surtout des trucs classieux avec le paquet qui brille, Dunhil, Rothman's ou JPS, le tout en paquet format International Jet Set de mes Couilles. Des fois, même, un infâme barreau de chaise, mais ça m'a vite passé, y'a quand même des limites.
A 15 ans, je fumais des Player's Navy Cut, blondes sans filtre archi fortes qui détartrent et nécessitent un gosier étamé. Avec le marin sur le paquet et la bouée en relief. Histoire de faire vachement mâle avec des trucs à quoi pas grand-monde d'autre qu'une paire de potes et moi n'osait s'attaquer. Nécessairement allumées au Zippo, le kérosène de ce dernier ajoutant un peu de parfum. Et tellement classe, si, si. Quand je n'en trouvais pas, je fumais des Craven cork-tipped, tabac blond de Virginie, sans filtre également, moins fort mais plus dégueu. J'en fumais un paquet par jour et je collectionnais les paquets vides, dont j'avais un sacré cubage, ce qui rendait mon père dingue (et me donnait donc une excellente raison de continuer).
Vers 19 ans, assagi, je passai aux Camel sans filtre, puis, rapidement, aux Camel filtre. Les Player's arrachaient vraiment trop à la longue, me faisaient index et médius carrément jaune-marron (ce qui ne plaisait pas spécialement aux filles), mais surtout, j'avais entre-temps découvert qu'on pouvait se rouler soi-même des cigarettes coniques aux additifs naturels, et le faire à base de tabac de Player's aurait été carrément infumable. Avec de la Camel filtre, là, ça le faisait bien. Un paquet par jour environ, plus une proportion variable mais élevée de cigarettes coniques aux additifs naturels, roulées à la main sous les aisselles ;-)
A 21 ans, bref passage à l'armée, juste le temps de fumer des troupes infâmes, et sinon de me les rouler systématiquement, vu qu'à l'armée, le seul moyen de ne pas se faire taper des clopes au rythme de 2 paquets par jour, c'est de se les rouler, et t'es plus emmerdé.
- T'as pas une clope ?
- Non, j'me les roule, j'ai qu'un fond d'tabac. T'en veux ?
- Non, s'pas la peine, merci.
...et voilà la blague faite. Des fois, tu tombes quand même sur un qui veut s'en rouler une avec ton tabac, mais c'est rare, très rare.
Je ne sais plus ce que je fumais comme tabac, mais c'était dégueulasse. Heureusement que ça n'a duré que deux mois et demi.
A 22 ans, j'arrêtai d'un seul coup les cigarettes aux additifs naturels parce qu'elles ne me réussissaient plus du tout, mais alors, plus du tout.
Quelque part par là, de plus en plus sage et marre d'avoir mal à la gorge, je passai carrément aux Camel Mild, de vrais trucs de tapette, ça, ma brave dame, franchement, après les Player's sans filtre.
Sauf que fatalement, j'en fumais plus. 2 paquets par jour en moyenne.
Je passai pour une paire d'années aux Muratti Ambassador, histoire de toujours me démarquer comme un gland en fumant du pas-comme-tout-le-monde, mais je finis par en avoir marre, à force de tomber régulièrement dans chaque paquet sur une ou deux cigarettes ayant à la fois un goût et une odeur de rat crevé, et aux prix où sont les clopes, tu paies pas pour fumer du rat crevé, hein...
Je repassai aux Rothman's. Bleues ou rouges ? Je ne sais plus, j'a du fumer les deux, mais je ne sais plus dans quel ordre. De toute manière, elles n'étaient pas très bonnes. Alors, après un bref passage par les Benson & Hedges encore pires pour avoir mal à la gorge, je finis par revenir aux Camel Mild.
Vers 26-27 ans, je commençai à me poser la question, sinon d'arrêter, du moins de réduire, compte tenu de ma consommation Gainsbourgienne et de l'état permanent de mon gosier et de mes narines, et de la facilité déconcertante avec laquelle "j'attrapais la crève" au moindre courant d'air.
Déjà complètement accro depuis plus de 10 ans, avec pour devise quelque chose comme "je suis éveillé donc je fume", je fume partout, je fume au lit, je fume aux chiottes, je fume dans la baignoire, je fume au bureau, si je ne fume pas c'est que je dors ou que je me suis fait piéger et que je suis en train de courir au tabac.
Courir au tabac ? C'est à ça que tu reconnais le fumeur comme moi. Celui qui est capable de sortir pour trouver un tabac à 3 heures du matin même s'il lui faut faire le tour de la ville ou 40 kilomètres, et pas seulement s'il n'a plus de clopes, mais simplement s'il pense qu'il risque peut-être de tomber à court. Le cas grave, quoi.
Je tentai donc d'arrêter. Faut croire que je manquais de conviction, je ne tins jamais plus de 2 heures d'angoisse crispée.
Je tentai donc de réduire.
- Première tentative : En faisant pendant quelque temps le relevé et le graphe sur ordinateur (Sous DOS + FrameWork II à l'époque...) de ma consommation quotidienne. Ca ne donna rien, sauf que c'était déprimant.
- Deuxième tentative : En mettant systématiquement un chrono sur ma montre :
Et tu ne rallumes pas la prochaine avant qu'une demi-heure ait passé
. Ouais. Sauf que je ne pensais jamais à regarder le chrono avant d'allumer une clope, puisque j'étais capable d'allumer une clope de manière totalement réflexe et inconsciente... Au point qu'il me soit arrivé, à deux ou trois reprises dans mon existence, dans des situations d'exceptionnelle concentration ou d'exceptionnelle préoccupation, de me trouver, du genre, en train d'extraire une cigarette du paquet pour l'allumer alors que j'en avais déjà une au bec et deux qui fumaient dans le cendrier... Bon, à ce point-là, ça m'est arrivé une seule fois, certes, sinon j'aurais été mûr pour l'asile. - Troisième tentative, puisque le chrono ne marchait pas, je décidai de me fixer chaque jour mon "quota de clopes pour la journée", visant à réduire progressivement, de ne prendre que cette quantité exacte de cigarettes sur moi pour la journée, et puis c'est tout. Sauf que tiens ! Déjà, tu passes pour un radin, parce qu'avec juste pile-poil ta dose à toi, plus question d'offrir une cigarette à quiconque au bureau ! Et puis, de toute manière, ça ne marche pas. Parce qu'à chaque fois que je me suis retrouvé avec le paquet vide à 15h30, eh bien, que croyez-vous que je fis, à part faire basket en direction du tabac du coin ?
- Quatrième tentative, là, je crus tenir la solution miracle ! Je trouvai dans un magasin de gadgets une boîte à cigarettes équipée d'un minuteur électronique qui n'en permettait l'ouverture que toutes les "n" minutes, et le réglage de "n" ne pouvant aller que s'accroissant progressivement. J'achetai donc la chose, histoire que mes collègues de bureau se foutent bien de moi. Sauf que ce machin là me stressait terriblement, et que je passais du coup mon temps l'oeil sur le minuteur pour guetter l'instant précis où j'aurais enfin de droit d'ouvrir la boîte, et surtout pas laisser passer plus de temps (sinon ça décalera la clope suivante d'autant). Truc de ouf, quoi. Bientôt, en regardant comme fonctionnait le mécanisme, je découvris qu'il suffisait de donner à la boîte un petit coup sec dans une direction donnée pour déverrouiller subtilement le mécanisme. je me retrouvai alors avec une boîte-verrouillée dont je contournais le verrou en permanence. Quel con ! Ca me fit tellement râler qu'un beau soir je passai la boîte sous la roue avant gauche de ma bagnole, bien fait pour elle.
J'avais perdu, et établi ma certitude sur le point de savoir que j'étais incapable de réduire ou de contrôler ma consommation de cigarettes.
Donc, ce serait l'arrêt complet, ou rien.
Sauf qu'en matière d'arrêt complet, mon record absolu restait de l'ordre de deux heures. Grrrrrmrmrmlmlmlmll...
A ce stade, après avoir lu diverses méthodes Machinchouette pour s'arrêter-de-fumer, je fis un test pour déterminer quels étaient les éléments qui m'accrochaient ainsi à la cigarette. je découvris que :
- Dépendance physiologique + + + + +
- Dépendance psychologique + + + + +
- Habitude et automatisme + + + + +
- Amour de la cigarette + + + + +
...Bref que j'étais le pire cas que l'on puisse imaginer pour s'arrêter de fumer, un véritable esclave de la clope, une pauvre chose sans âme et sans volonté face à ma Déesse à bout filtre.
Salope de déesse. Parce qu'à partir du moment où je découvris pleinement l'étendue de mon impuissance et de ma lâche veulerie face à elle, je me mis à la haïr, cette salope de clope, autant que je me haïssais moi-même d'en être ainsi l'esclave.
Faute de pouvoir faire autre chose que choisir la marque de mes tiges, je me mis, et restai des années, aux Philip Morris bleues, du foin-pas-fort, mais comme j'avais fini par remarquer que, quoi que je fume, après une période d'adaptation vers le haut ou le bas, je finissais toujours par me stabiliser entre 1 paquet 1/2 et 2 paquets... Alors autant fumer du light. Si c'est pas vraiment mieux, ça doit pas être pire.
Et les années passèrent.
Et mes tentatives d'arrêt systématiquement échouèrent.
Il y a 3 ou 4 ans, un miracle : Arrêté aux patches[1], je tins trois mois sans une clope. Dont le dernier mois sans patches. Mais une bonne engueulade conjugale fut un soir l'occasion sur laquelle se jeta mon petit démon intérieur pour foutre le camp boire une bière, et acheter au serveur un paquet de Marlboro lights. Marlboro lights auxquelles je suis resté depuis.
Et qui continuent de nuire gravement à ma santé.
Forcé d'arrêter une semaine il y a deux ans et demi, pour une petite opération chirurgicale. Aucune clope pendant 10 jours, sinon je vous garantis la nécrose ! Et pas de patches non plus !
avait dit le chirurgien. Argument de poids. Je tins une semaine en serrant les dents, dans le gaz, puis je me dis "Merde ! C'est cicatrisé maintenant !" et me précipitai au tabac.
De toute manière, le cerveau du bonhomme marche à la nicotine, triste réalité. Apas nicotine, apas neurone.
Mais pourtant, faut pas croire, le bonhomme s'est amélioré au fil des années, et a perdu bien des défauts. Depuis longtemps, il ne fume plus dans la maison, et va à n'importe quelle heure et par n'importe quel temps se geler les c... sur le balcon pour fumer sa clope. Seule exception arrachée dans la négociation : le soir, quand les enfants sont couchés, dans le salon, porte fermée et fenêtre ouverte, quelques cigarettes sont tolérées. Sinon la fumer sur le balcon, pas le pied. On n'en profite pas, on la fume à tout berzingue, on se fait mal à la langue à force de toujours pomper trop vite...
Mais le bonhomme a beau s'être drôlement civilisé, respecter les bureaux non-fumeurs, les wagons non-fumeurs, les avions non-fumeurs, les zones non-fumeurs et passer de plus en plus de temps à aller se geler les couilles dehors, où qu'on soit, et en toutes circonstances, la santé du bonhomme, après toutes ces années, elle, ne s'est pas améliorée.
La première chose que fait le bonhomme le matin ? Il tousse. Puis il sort se geler les couilles sur le balcon avec une cigarette. La dernière chose que fait le bonhomme le soir ? Il tousse. Juste après être rentré de se geler les couilles sur le balcon avec une cigarette. Une des choses que le bonhomme fait le plus souvent dans la journée ? Tousser. Theueuh-Theuh-Rhhheuh-Theuhh !! Ca, et puis allumer une clope, aussi.
Ca fait bien des années maintenant que tousser est une seconde nature, et que ce grand lâche de Swâmi Petaramesh fait semblant de se persuader qu'avoir la bronchite tout le temps n'est pas du tout synonyme d'avoir une bronchite chronique.
Et que le con de radiologue qui a inscrit ça sur une radio il y a un an et demi est vraiment un gros con, puisque c'est la première et unique fois qu'il me voyait, comment peut-il savoir, ce con, si c'est chronique ?
Il est assez clair que si ce n'est pas moi qui arrête la cigarette, c'est la cigarette qui ne va pas tarder à m'arrêter. Mon état de santé est de plus en plus minable. Franchement, je ne suis pas loin de me considérer comme l'ombre d'une loque.
Cette vieille maîtresse pourrie qu'est la clope, je crois qu'il est temps que je me décide à la plaquer pour de bon.
Hier soir j'arrivais à la fin de mon paquet. Je me suis dit "Merde ! Ce soir, il va falloir que je ressorte en fin de soirée acheter des clopes..." Puis j'ai finalement décidé in-extremis de ne pas y aller. J'ai fumé la dernière du paquet un peu après minuit.
Ce matin réveil sans clope. Réveil sans neurone aussi, la machine n'embraye pas.
Emmené les gosses à l'école, la tête salement dans le cul. Mais j'ai résisté en passant devant le tabac ensuite, je n'y suis pas entré.
Passé la journée avec des douleurs dans les membres, comme des contractures, ou des crispations, et psychologiquement je me sens à la fois complètement endormi, ET en même temps énervé, un énervement "physique". Pas branché, pas là, aux abonnés absents, mais énervé. Une partie du corps et de la tête prêts à partir en courant en 4ème vitesse jusqu'au tabac du coin. La journée est clairement clairement difficile : Il m'en a fallu une bonne moitié juste pour écrire ce billet, à la vitesse d'un escargot dépressif.
Je m'ennuyais sans doute ces derniers jours, je ne savais pas quoi trouver pour m'amuser. S'arrêter de fumer, juste comme ça, quelle amusante idée !
Mais je me demande bien ce qui va en sortir. D'avance, j'aurais tendance à penser : Va ! Encore raté !
Notes
[1] Saloperies, ces trucs...









Commentaires
OUAIIIIIIIS! Bravo! Hourra!... Bref, tout cet élan d'allégresse pour te dire que 1) LE FUMEUR PUE... -bah oui, hein! Désolée! C'est pas parce qu'on se lave quand on est fumeur qu'on sent la rose! Et je parle pas de l'haleine! Pouah!- 2) La fumée pue et empoisonne l'atmosphère 3) Tu fais déjà ch*er tout le monde mais en plus, tu vas continuer à faire ch*er ton monde avec un cancer de je-ne-sais-quoi prochain 4) Tu devrais peut-être essayer l'accupuncture (mon reup qui fumait 2 paquets de Peter Stuyvesant rouge par jour a arrêté grâce à ça, du jour au lendemain, sans aucun problème!) 5) J'arrête là mon sombre tableau et je te souhaite très sincèrement de réussir...
Et puis, si Mâ Anandaramesh ne partage pas ton vice, je pense que ça sera un super bon point pour toi!
:)
(Faudrait que je songe à arrêter de causer comme une djeun's que je ne suis plus pour parler convenablement! Ca va finir par nuire à ma "réputation"! Mais c'est l'enthousiasme! Ca me fait tout le temps ça! Je retombe en enfance direct!... Pardon!)
Moi aussi j'ai bien cru jamais arriver à arrêter, et un jour le déclic est arrivé.
Ce qui aide le plus, je crois, c'est réaliser à quel point la cigarette n'a aucune des vertus qu'on lui prête (ça me calme, ça m'aide à refléchir, etc.).
Il est facile de croire que la cigarette calme le bonhomme, quand en fait, à l'origine, il est enervé justement à cause du manque de nicotine... C'est le serpent qui se mord la queue.
Sans compter de ceux qui arrêtent de fumer en pensant qu'ils se frustrent... Quand en fait, ils se libèrent, mais ne peuvent/veulent pas le voir. Du coup, pour un oui ou pour un non, on se "récompense" et en rallumant une et on annéanti les efforts effectués.
@Rose : Je te hais ! ;-)
Commentaire de la fille qui a arrêté il y a un an, pour cause de bébé en vue et de crise de "j'en ai marre de fumer" passagère.
La dépendance physique, celle que tu appelles de ton cerveau, c'est trois jours. Le reste c'est dans la tête.
Et ne va pas me faire croire qu'un mec qui fait face à windaube et blogue sous dotclear n'est pas cap d'être plus fort qu'une addiction qui n'existe que dans les brumes de son cerveau. Franchement, je trouve ça vexant, quand on y pense (et diable que j'ai fumé !).
En même temps ça aide d'être enceinte, on sent mieux comme ça pue :-)
Le reste, les images d'horreur, tes enfants, tout le bordel, tu es un grand garçon, je sais que tu y as pensé tout seul.
Et si je replonge t'as le droit de me coller le nez dans ce commentaire.
(Rien à voir. Suis à la bourre de lecture. Rattrapage programmé entre cette fin de semaine et début de semaine prochaine. Mille demandes de pardon :-) )
C'est faisable : j'ai fumé 24 ans sans arrêter et puis il y a deux ans et trois mois, j'ai arrêté comme toi, sans crier gare... Et ça a marché. Ceci dit, inutile de jouer les stoïques, c'est sûrement mieux de se faire aider, soit par patchs, soit par acupuncture, hypnose (il paraît que ça marche...)
Allez, Swâmi, bon courage... Tiens-nous au courant : quand tu as envie de fumer, tu viens mettre un commentaire et nous on rapplique avec la Ni**ette, le verre d'eau, le carré de chocolat et nos grandes gueules, surtout.
@Samantdi :
Oh ben c'est que ça risque d'en faire beaucoup, de commentaires, si on part comme ça ;-)
Il serait peut-être plus économique de mettre un commentaire pour signaler si des fois je n'ai pas envie de fumer ? ;-)
Juste une question de volonté !
Il faut s'occuper les mains et la bouche :) Boire un verre d'eau
Mettre dans sa bouche un bonbon à l'eucalyptus
Le dire aux enfants (les enfants aiment que les adultes ne fument pas, on leur apprend à l'école)
La volonté, pour moi, ce serait : une longue patience.
Et délier ce qui était lié :
j'étais anxieuse, hop, je fumais. Et je restais anxieuse.
Après l'arrêt du tabac : je suis anxieuse - je ne fume pas - je reste anxieuse, certes, mais pas plus, ni moins qu'avant.
Parce que ces deux choses n'ont aucun lien, aucune parenté. Fumer ne me calme pas, fumer ne rend pas ma situation meilleure, ne me fait même pas oublier la réalité.
Une fois qu'on a bien tout délié, le tabac perd pas mal de son charme maléfique.
Allez Swâmi :)
@Madeleine : Sauf ton respect, cette "question de volonté" est de mon point de vue une tarte à la crème hors d'âge.
Du point de vue le plus immédiat, la première réflexion que l'on se fait est, la "volonté" en question est-elle quelque chose que l'on choisit librement et délibérément d'avoir ou non à un instant "t" ? "T'as qu'à avoir de la volonté mon gars !" Fiat voluntas, et voluntas fit !
Mais quand on creuse encore davantage, cela ramène, plus directement, à la simple question du choix, du libre-arbitre. Existe-t-il un individu défini, qui ait à un quelconque instant le libre choix de faire telle chose ou telle autre (ce qui implique qu'il pourrait tout aussi bien faire le contraire) ?
Je ne crois pas une seule seconde à cette chimère.
Je ne crois pas davantage à l'existence de l'individu agissant, qu'à celle de l'action, ou du choix supposé présider à celle-ci.
ça, c'est une très bonne résolution ! Bravo Swâmi :p
Perso, j'ai arreté la clope il y a de cela 2 ans et demi passée, j'ai eu un cran de relache de 3 semaine puis plus rien, j'en ai chi*%^ au début, mais aujourd'hui je respires, et je me pèle plus les fesses aux balcons :D
Aller courage, tu n'es pas aussi loqueue que tu le penses, la Force d'un Adorateur de Cela vaincra la Nicotine !
Et on écrase la cigarette et un et deux et trois - Le Pari
Non, la volonté, c'est comme un muscle, ça se travaille, petit à petit. Au début il ne faut pas trop lui en demander, mais au fur et à mesure, elle est capable de produire des résultats de plus en plus interessant.
De même que tu ne peux pas demander à quelqu'un d'avoir subitement du "muscle", tu ne peux pas lui demander d'avoir de la volonté. Dans les deux cas, cependant, avec un peu d'entraînement, on développe l'un ou l'autre.
Et si tu en profitais pour fédérer Ma Anandaramesh et lui demander son soutien parce-que-je-vais-en-avoir- sacrément-besoin-et-qu'avec- ton-aide-ça-sera-quand-même- bien-plus-facile ?
vi, vi, vi, c'est un peu couillon de parler de volonté à un drogué ou un acoolique, non?
Il y a des gens, comme ça, qui ne peuvent pas comprendre. Genre, ils croisent un dépressif : "secoue-toi, ça ira mieux!"... ça me laisse perplexe!
Oh-my-God!!! "Le libre-arbitre est une chimère?... Je ne crois pas davantage à l'existence de l'individu agissant, qu'à celle de l'action, ou du choix supposé présider à celle-ci." ???!!!
Nann, tu crois pas ça quand même?... On serait juste des marionnettes entre les mains du destin?...? Je dois mal comprendre.
Comment fais-tu pour vivre si c'est ce que tu penses de la vie?...? Quel fatalisme!!!
C'est le "manque", c'est ça?...
Oui, bien sûr qu'il y a des choses qu'on ne contrôle pas: naître, ses parents, son origine sociale, son éducation, et d'autres choses encore mais... "on a la vie qu'on mérite", non? C'est-à-dire celle que l'on construit tous les jours, avec, pour tout outil, notre petite personne... Non? :-/ Ce serait trop facile de n'être que les jouets d'une "fatalité"...
Je reviens t'en mettre une couche ;-) "Nan pas tapé !"
Déjà la "question de la volonté", c'était de la psychologie à deux balles pour te faire réagir et ça a marché ! Alors maintenant, comme je ne suis pas une ancienne fumeuse mais une fumeuse occasionnelle, je te redis que "pour moi" c'est une question de volonté ! Je peux fumer plusieurs cigarettes lors d'un repas entre copains et ne pas re-fumer pendant le mois qui va suivre.
Je suis ancienne fumeuse de 1 paquet par jour pendant 5/6 ans, il y a 25 ans. Et depuis je fais comme j'ai dit et c'est moi qui décide ! C'est ça que j'apprécie le plus. Au fil du temps, cela s'affine mais je refuse de retomber dans la cigarette à outrance ou de m'en priver totalement.
Chaque commentaire apporte de l'eau je l'espère à ton moulin.
Et ensuite il faut aussi penser à ta santé ...
@Thierry :
C'est le genre d'affirmation que toute personne née dans notre civilisation a entendu un sacré paquet de fois depuis l'enfance. Mais la répétition ne fait pas la vérité, et comparaison n'est pas raison. "la volonté c'est comme un muscle". Whouarf.
Les tenants de cette belle "volonté" sont généralement ceux qui pensent qu'ils contrôlent vachement, ouais, entièrement même, leur existence, et que tout à ce propos est dans leur champ de conscience (autrement dit, ils nient au passage l'existence et la puissance de l'inconscient).
Ce matin, j'ai la tête considérablement trop enfoncée dans le cul pour dire des choses bien intelligentes, mais je serais curieux de demander aux "tenants de la volonté" d'avoir l'amabilité de définir précisément ce terme, selon eux.
En matière de "décisions" et de "volonté", l'arbre tombe toujours du côté où il penche, et ce sont les raisons/motivations les plus puissantes qui l'emportent. Dont certaines, très puissantes dans un sens ou dans l'autre, sont inconscientes.
Dire que quelqu'un "a" ou "n'a pas" de volonté, c'est une idiotie certes, mais c'est avant tout ignorer que les motivations d'un choix ou d'une action sont toujours considérablement plus nombreuses et complexes que les seuls éléments de décision officiellement "affichés".
Et quand on en vient au "Tu n'as pas de volonté : secoue-toi !", là, on atteint au ridicule absolu du genre "T'es aveugle ! T'as pas honte ? Tu pourrais quand même faire un effort !"
@Rose : Je "crois" très exactement ce que j'ai écrit, en effet, et cela n'a rien à voir avec le "manque", même si ce dernier ne facilite pas l'expression fine de ce genre de chose...
Mais ce que j'ai écrit n'est pas équivalent dans mon esprit à ce que tu déduis
Je ne vois pas non plus cela comme du "fatalisme", mais ne suis pas surpris d'en être taxé, tant il est fréquent que les occidentaux traitent de "fatalistes" nombre de conceptions provenant du bouddhisme ou de l'hindouisme - conceptions qui ont fortement influencé ma pensée et ma compréhension.
L'ennui, c'est que l'occidental moyen dégaine un peu vite son colt-à-fatalisme, dès qu'il entend une affirmation qui le fait bondir tant elle est contraire aux fondements même de la pensée occidentale et aux enseignements des trois monothéismes.
Donc l'occidental saute en l'air Le problème, c'est qu'il ne comprend absolument pas le cadre conceptuel et interprétatif dans lequel ces affirmations prennent place. Il les rejette simplement de prime abord comme choquantes, non pas comme vraies ou fausses...
Eh oui... Pas d'individu ? Pas de libre-arbitre ? Pas de "décision" ? Pas de "volonté" ?
...Ah ben merde mais attendez ? Parce qu'alors... Pas de culpabilité ? Ben merde... Comment va-t-on pouvoir traîner les gens en justice et les foutre en taule maintenant ? Comment va-t-on pouvoir continuer de leur dire que ce qui leur arrive est de leur faute ? Autrement dit, comment va-t-on pouvoir appliquer dans le cadre de notre société humaine le principe biblique du jugement si l'on renonce aux fondements bibliques du libre-arbitre et de la culpabilité ?
Ben oui, mais justement, ces vérités-là ne sont que les "vérités" d'une religion donnée. Elles n'ont rien d'absolu, aucune portée universelle, et ne reposent sur aucune confirmation scientifique... La science nous conduirait plutôt dans la direction inverse.
@Petaramesh: Les précédents échanges que nous avons pu avoir sur différents sujets ici-même ne m'incitent pas plus que ça à essayer de te convaincre.
C'est donc bien volontiers que je te convient de la présence d'éléments incontrolables et extérieurs à nous-même qui excusent nos faiblesses et expliquent toutes les merdes qui s'abattent sur nous.
@Thierry : En effet, il me semble que nos points de vue soient très difficilement conciliables sur bien des choses. C'est pourquoi, quant à moi, je n'essaie pas de te "convaincre" , ni de convaincre qui que ce soit d'ailleurs ; plus modestement, j'expose par petites touches "ma propre" compréhension des choses, et le "ma propre", en l'occurrence, ne veut pas dire grand-chose ;-)
>
Crois-tu par là décrire ma pensée, ou la moquer ? Dans le premier cas, tu es fort loin du compte, et dans le second, le jeu est sans intérêt pour moi.
...A commencer par le "nos faiblesses", qui n'a, en dernière analyse, aucun sens à mes yeux.
Ok! :)
(Faut pas se fâcher tout rouge, hein! C'est pas si grave... :) Je ne juge pas. Je m'étonne. Et je m'exalte peut-être un peu... C'est tout!)
Eh, je ne suis pas fâché du tout, 'moiselle Rose... Comme disait si bien Michel Audiard :
Ok! T'es pas fâché. T'expliques. :D
(Juste agacé par l'occidental "moyen"! :) )
Ben, sur le thème de la fameuse volonté toute pourrite, tu n'es pas tout seul, Petaramesh. Ça m'a toujours gonflé cette réthorique-là et parler de motivation est bien plus pertinent, comme tu le soulignes si bien!
Le plus marrant, c'est que les gens qui me connaissent en vrai pensent de moi que je suis quelqu'un d'équipé d'une volonté d'acier... Preuve qu'ils ne savent rien de mes motivations ;-)
@Le Monolecte :
Magnifique aphorisme, qui mérite une place bien au chaud dans la collec' de citations de Swâmi Petaramesh...
C'est sûr que la philosophie Swâmique est parfois difficile à appréhender pour le non initié. L'existence de "l'action" vient d'être remise en cause ci-dessus, et le concept de "progrès individuel" a également déjà été proscrit (cf la réplique célèbre "Crois-tu que tu pourras faire beaucoup mieux que ce que tu es déjà ?").
Pourtant la contemplation infiniment compréhensive et empathique du monde ne semble pas être une pratique Swâmique courante - ou du moins s'accorde mal dans mon esprit avec la pratique des arts martiaux sur les capots d'insignifiants véhicules.
Mais bon, peut-être aurons nous un jour un exposé circonstancié de la vision Swâmique du monde et de la vie !
PS : Arrêter la pensée occidentale aux "trois monothéismes" est peut-être un peu limitatif ... la psychanalyse par exemple est sans doute critiquable sur bien des plans mais elle a en tous cas déjà battu en brèche la notion traditionnelle de "libre arbitre".
@Yogi :
Franchement, si elle était facile à appréhender pour le non initié, comment arriverais-je à justifier les frais facturés pour le séminaire d'initiation de la Secte, tels que prévus pour l'exercice fiscal 2006 ?
Faut quand même pas déconner, quoi...
>
Certes, ça c'est l'exposé à l'entrée du séjour de retraite du module de deuxième année...
>
Toutafé.
Les fumeurs m'ont enquiquiné pendant 37 ans, et la 38è année, j'ai pris une grande résolution: riposter à l'arme chimique, de gros calibre au besoin. Aucun clopeur ne tient longtemps face à un double corona. Gniarc gniarc !
Aaaah, la clope... Je ne m'explique pas ce qui a si bien marché pour moi. Pas question de volonté ; la fois où j'avais voulu , j'avais fini en état de manque (avec les nausées et tout et tout). Et puis, là, paf ! ça a marché.
J'ai juste tourné cette page-là de ma vie. J'étais ce genre de clopeuse que tu décris si bien, Petaramesh, tu m'as mis la nostalgie, d'ailleurs : la nostalgie de celle que j'étais alors, pas la nostalgie de la clope, qui était pourtant ma compagne préférée (ah, mes Gitanes...). Mais c'est une nostalgie agréable : non, je ne regrette rien.
Et m'être débarassée de mes sinusites chroniques, de mes toux-de-fumeur matinales, de mon teint grisâtre et de mon souffle court, cela, c'est un bonheur incomparable à la complicité que j'avais établie entre la clope et moi.
Je croise les doigts, va.