Les Belmehrs - Scènes de la vie quotidienne
Par Petaramesh le jeudi 23 mars 2006, 11:53 - Méchanceté gratuite - Lien permanent
Certains prétendent avoir une Belmehr génétiquement modifiée.
Hélas, Swâmi Petaramesh, lui, ne subit qu'une Belmehr ordinaire non modifiée.
Swâmi Petaramesh, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, décide donc d'employer ses modestes talents d'éthologue à l'étude descriptive du fonctionnement de la Belmehr en immersion sociale.
Du câblage neuronal
Une observation effrayante assez révélatrice du câblage entre les deux neurones d'une Belmehr standard. Lors d'une discussion à table (la Belmehr parle d'autant plus qu'elle ne pense pas), la Belmehr termine une phrase par cet aphorisme qui fait trembler les vitres d'un double Bang çonique, du au franchissement à Maçh 3 du mur du çon par accélération directe :
- ...mais à l'époque, on était pas racistes : Y'avait pas d'Arabes !
Du petit déjeûner
L'ashram n'est pas immense ; sa cuisine encore moins. Autour de la table, 3 chaises, le nombre maximal de personnes petit-déjeûnant simultanément étant de 3, sur les 4 occupants habituels de l'ashram (pour des raisons organisationnelles).
Ce matin, Swâmi Petaramesh petit-déjeûne non-tranquillement, en compagnie de Mâ Anandaramesh, tandis que la Belmehr connue sous le nom de Mâ Belmeramesh, assise sur la troisième chaise, ne déjeûne pas : Non, elle blablate à 38 noeuds en troublant la méditation de l'ashram.
Arrive Mademoiselle Patâpatî, dans l'intention de déjeûner. Ben ouais quoi, c'est l'heure de son déjeûner, elle part à l'école dans une demi-heure...
Patâpatî constate que sa chaise, devant son bol, est occupée par Mâ Belmeramesh. Elle fait alors la remarque logique :
- Patâpatî - Ben comment je fais pour déjeûner ?
- Mâ Belmeramesh - Ah, tu veux déjeûner ? Je suis assise à ta place ?
- Patâpatî - Ben oui Mamie. Je veux prendre mon petit déjeûner et tu es assise à ma place...
Rappelons que Mâ Belmeramesh, elle, n'est pas en train de déjeûner, il est beaucoup trop tôt, et elle ne va pas à l'école. Elle est en train de blablater.
On s'attendrait à ce que la Belmehr se lève et cède sa place à l'enfant qui doit prendre son petit-déjeûner, non ?
Eh bien, justement, non. La Belmehr reste assise, se désintéresse de l'enfant, et continue de blablater.
Voyant cela, Mâ Anandaramesh dit à Patâpatï :
- Va un moment dans le salon regarder la télé, Patâpatî. Tu déjeûneras tout-à-l'heure...
Swâmi Petaramesh observe la scène, et ne dit rien.
De la salle de bains
Quelques moments après, il va bientôt être l'heure d'emmener les Nains à l'école. Swâmi Petaramesh ambitionne de se livrer à quelques petites ablutions rituelles avant de se vêtir de son dhôti de cérémonie, pour accomplir cette mission qui lui revient.
- S. Petaramash (à la cantonade) : J'peux venir faire ma toilette ?
- Mâ Anandaramesh (depuis la SdB) : Non, y'a pas de place, on est déjà trois !
...La salle de bains de l'ashram est plus petite que sa cuisine...
Swâmi Petaramesh se rend tout de même à la salle de bains, constate que Mâ Anandaramesh est en train de coiffer Patâpatî et de lui faire de jolis trucs dans les cheveux.
Mâ Belmeramesh, elle, est assise sur le rebord de la baignoire, et est en train de blablater.
- S. Petaramash : Y'a trop de monde ici ! J'ai besoin de faire ma toilette ! Belmeramesh ! Vous n'êtes pas en train de faire votre toilette, vous n'avez donc pas besoin d'être là, et la salle de bains est trop petite pour 4...
- Mâ Belmeramesh (ne se levant pas) : Mais je suis en train d'aider. (Et elle reprend son blablatage de plus belle, comme si de rien n'était)
- S. Petaramash (ton sans réplique d'adjudant de batterie) : J'ai besoin de faire ma toilette, vous sortez.
- Mâ Belmeramesh (se levant de très mauvaise grâce) : Oh, si on peut plus aider, alors...
Des frites
Il s'agit d'une observation déjà ancienne, datant d'il y a plusieurs années, mais qui est restée dans les annales de l'ashram.
Repas de famille un dimanche midi. Nous sommes 5 (dont les deux adultes, les deux Nains, et la Belmehr). Swâmi Petaramesh a fait des frites. Plein.
Swâmi Petaramesh apporte le plat de frites à table, et dit :
- Servez-vous, Belmeramesh, je vous en prie.
Mâ Belmeramesh ne se le fait pas dire deux fois, attrape le plat de frites, et en bascule environ 65% dans son assiette.
- S. Petaramash : Belmeramesh, nous sommes 5 à table. Auriez-vous la gentillesse d'en laisser un peu pour les autres ?
- Mâ Belmeramesh (parfaitement naturelle) : Oui, tu n'en as pas fait assez. Il faudra en faire plus la prochaine fois.
Elle prend sa fourchette et commence à enfourner.
Swâmi Petaramesh se met fort en colère. Mâ Anandaramesh ne prend pas parti, mais regrette la survenue d'un incident. Mâ Belmeramesh ne rendra pas une frite.
Grammaire et expression orale
Une étude linguistique détaillée de la Belmehr montre que 97,32% de ses prises de parole débutent par la locution Moi, je...
.
Les phrases qui ne débutent pas par Moi, je...
sont généralement les tournures impératives de style Passez-moi le sel !
Une étude sur la durée du comportement de la Belmehr dans une conversation démontre qu'elle est capable de ramener exactement 100,00% des sujets abordés, quels qu'il soient, y compris à propos des éclipses solaires, du CPE, de la hausse des prix ou de la pollution comparée des diesels et moteurs à essence, à Moi je..., ma voisine, mon chien, mon salon, quand j'étais jeune.
.
Aucun sujet ne concernant pas directement Moi, je...
n'intéresse une seconde la Belmehr. Heureusement cependant, la totalité des sujets imaginables concernent toujours directement, et uniquement Moi, je...
, quand on est une Belmehr...









Commentaires
Ton problème, c'est que c'est une authentique conne égocentrique, rien de plus!
Laisse-moi deviner... génération 68?
Oh non, c'est un modèle d'avant-guerre... Indestructible :-(
Ah ouaip, quand mêêêêêême.... T'as droit à un beau modèle ! Gageons que Mâ Anandaramesh vaut le coup de supporter ça ! :)
Franchement je crois qu'il en toque pas mal pour Mâ Anandaramesh car j'ai du mal à comprendre sa retenue, et même qu'il tolère la venue de Mâ Belmeramesh dans son ashram. Je crois que je supporterait pas, ou que j'aurai fuit la belle rien que pour ça. Heureusement je crois savoir que ces visites sont suffisament espacées.
@pla : Swâmi Petaramesh aussi, a du mal à comprendre sa retenue (quoi qu'après avoir rédigé ce billet, qui m'avait mis de bonne humeur, j'ai eu l'occasion de balancer une sacrée volée de bois vert - verbale - sur la Belmehr qui trouvait normal de me critiquer chez moi - disant à mon propos, à mon épouse et à portée de mes oreilles, qu'il , et n'a pas encore compris que je ne considère pas que son "humour" était de "l'humour". Je l'ai donc rappelée aux règles élémentaires de la politesse, et lui ai indiqué que si l'aubergiste ne lui convenait pas, elle savait où se trouvait la sortie. Mâ Anandaramesh, quant à elle, s'est étonnée de ma grande violence verbale. Je suis un être étonnant, parfois...).
Sinon, il faut croire qu'une longue et assidue pratique de Zazen a rendu Swâmi Petaramesh pacifique, stoïque et compréhensif.
>
Etaient suffisamment espacées. Mais cette année, Swâmi Petaramesh a un mauvais karma. La Belmehr doit subir deux petites interventions chirurgicales (aucun organe vital, hélas... Et peu de risque d'infection nosocomiale...), et seuls les chirurgiens de notre grande ville sont dignes de Sa Grandeur.
On a donc eu la Belmehr "gratos" pour les vacances de février () juste le temps de lui donner la bonne idée de se faire opérer dans notre belle ville, puis cette semaine, retour (la semaine entière) pour la visite pré-opératoire (d'une heure)...
...Puis dans quinze jours, retour pour la première opération...
...Ensuite on internera Swâmi Petaramesh dans un asile pour vieux moines Zen qui ont pété les boulons...
oh ben dis donc... je commence à mieux mesurer l'immense bonté du sort qui m'a attribué ma Belmehr génétiquement modifiée à-moi-que-j'ai...! et j'affirme à Swâmi Petaramesh tout mon soutien moral, et lui dédis tous les rires et sourires occasionnés par sa prose presque désabusée, quoique, pas vraiment, en fait.
Oh que oui je l'accepte !
Mission possible, mission accomplie !
Bon, maintenant, il me reste 1h40 pour accomplir l'ensemble des Corvées Hurgentes que la désorganisation de la semaine ainsi que ma procrastination ont mises en grave retard et qui ne sauraient attendre plus longtemps, sous peine de tas d'emmerdements (pour les emmerdements, je me fournis directement chez le grossiste...).
Je me rends compte d'un coup que ma mère est peut-être un ange face à celle que tu décris plus haut... Exagérerai-je ses travers? J'ai un doute, là... :)