Biométrie dans ta culotte
Par Petaramesh le jeudi 2 mars 2006, 11:37 - Big Brozeur - Lien permanent
Hier soir, Mâ Anandaramesh, qui sait combien je raffole de ce genre d'objets me rapporte de son bureau une clé USB biométrique qu'elle a reçue comme petit cadeau d'entreprise qui entretient l'amitié.
Ah, quel bel objet ! De nature à faire plaisir aux membres du GIXEL, puisque la multiplication de ce genre de petits gadgets va directement dans le sens qu'ils recherchent : la banalisation de l'emploi de la biométrie pour les usages les plus courants, et donc, la désensibilisation du public vis-à-vis des importants enjeux que cela recouvre, comme l'indique ce passage du livre bleu du GIXEL, d'un cynisme tellement magnifique qu'il mérité d'être cité et recité pour que vous sachiez bien à quelle sauce on entend vous manger :
Acceptation par la population :
La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d'un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l'apport de fonctionnalités attrayantes:- Éducation dès l'école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s'identifieront pour aller chercher les enfants.
- Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo- Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l'accès Internet...
La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l'apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gène occasionnée. Là encore, l'électronique et l'informatique peuvent contribuer largement à cette tâche.
Pourquoi est-ce que je frissonne à chaque fois que je lis cela ?
Cet aspect politique des choses dûment rappelé, intéressons-nous aux aspects techniques de l'objet que j'ai entre les mains.
En effet, l'un des pièges courants de la biométrie est de s'imaginer que sous prétexte qu'un bidule est biométrique, cela le rend en quoi que ce soit sûr ou fiable. Ce n'est nullement le cas ![1]
Le néophyte s'imaginera que, sous prétexte que son empreinte digitale est unique (du moins théoriquement), un dispositif basé sur le contrôle de cette empreinte sera infaillible. Mais c'est archi-faux ! Tout dépend de la précision (définition) de mesure de l'empreinte en question, de la manière dont celle-ci est encodée (nombre de minuties...), et de la qualité de l'algorithme employé pour comparer des empreintes. En effet, l'algorithme doit être souple pour s'adapter à différents positionnements du doigt, des lectures plus ou moins bonnes, un doigt légèrement modifié par une petite coupure, ou appuyé plus ou moins fort et plus ou moins largement, etc...
Si la prise de mesure est de basse définition, et l'algorithme assez basique, ou si l'appareil est incapable de faire la différence entre un doigt vivant et une copie d'empreinte, la sécurité est alors bidon. Parmi les dispositifs grand public bas-de-gamme pas chers, les moins bons ont une marge de confusion comprise entre 1% et 1 pour mille, ce qui veut dire que si vous prenez plusieurs centaines de personnes, le bazar a de fortes chances de confondre les empreintes digitales de plusieurs d'entre elles, et donc, d'identifier à tort l'un comme étant l'autre et réciproquement.
Si par contre l'algorithme est trop chatouilleux, il risque de refuser à tort l'accès à la bonne personne, pour peu que la moindre chose ait modifié, même très légèrement, l'aspect de son doigt (peau sèche ou humide ou grasse, légère usure de l'empreinte suite à des travaux manuels...).
Les appareils capables d'avoir une marge d'erreur inférieure à 1 sur un million sont, eux, très très chers, et réservés à des usages professionnels de haute précision.
Reste ensuite, avec ce genre de dispositifs, le risque toujours présent d'installer un verrou archi-blindé sur une porte de carton. Et ça, on ne peut s'en faire aucune idée si l'on ne connaît pas les détails complets de la chaîne de sécurité mise en oeuvre, d'un bout à l'autre.
Revenons-en à notre bidule.
Jetons d'abord un coup d'oeil à la boîte, qui vante en gros caractères les privacy, convenience, security
du gadget, mais qui se montre bien pauvre en informations techniques. Elle n'indique notamment pas de quelle manière sont protégés les fichiers stockés sur le bidule (chiffrés ? pas chiffrés ? simple verrouillage d'accès ?), et indique uniquement des caractéristiques de base du capteur d'empreinte digitale : Fingerprint Sensor : Semiconductor Sensor - Resolution : 508 dpi
. C'est un peu court.
Ouvrons la boîte, et regardons la malheureuse page A4 couleur recto-verso en anglais, qui tient lieu de manuel. On n'en apprend guère plus, à part comment installer le machin sous Windows, car, selon boîte et notice, il n'est évidemment compatible qu'avec ce système d'exploitation.
La malheureuse feuille A4 commence par indiquer que, pour plus d'infos, il faut se reporter au manuel complet fourni sur CD. Tout ce qu'elle nous apprend d'autre est qu'il est conseillé de saisir également un mot de passe de secours qui pourra être utilisé en cas de problème de lecture des empreintes digitales. Pas très encourageant concernant la fiabilité du machin, et pas davantage concernant sa sécurité, puisque la notice indique que le mot de passe devrait faire "au moins 6 caractères", ce qui ne donne pas une bien grande entropie, et semble donc peu susceptible de fournir une haute sécurité.
La ch'tite notice nous apprend également que le CD comporte un utilitaire "encryption & zip", mais n'indique ni quel est l'algorithme utilisé, ni sa longueur de clé, ni rien, quoi.
On apprend enfin que le bidule peut être remis à zéro grâce à un utilitaire qui demande de taper son n° de série, qui doit également être saisi lors de sa première utilisation. Mot de passe, numéro de série... Hummm... De très gros doutes s'élèvent en moi.
En reniflant la notice et la boîte, je commence donc à percevoir une forte odeur d'huile de serpent[2]. Le mode de prise et de calcul de l'empreinte digitale (nombre de minuties ?) n'est pas indiqué, la méthode de protection des fichiers n'est pas indiquée, chiffrés ou pas, et si oui, comment ? On n'en sait rien ; les calculs sur l'empreinte et le verrouillage/déverrouillage et autorisation d'accès sont-ils effectués par la clé elle-même ou par le pilote Windows sur l'ordinateur ? On n'en sait toujours rien. Bref, on ne sait rien de rien.
Il est bon de se rappeler la maxime employée en sécurité informatique, et qui dit qu'il n'y a pas de sécurité par l'obscurité[3]. Si un industriel commercialise un produit présenté comme de haute sécurité, mais se refuse à fournir la moindre précision technique sur la manière dont son système fonctionne, pourquoi donc devrais-je lui faire confiance ? Le paranoïaque pensera plutôt que si le système était vraiment sûr, et si l'industriel en était vraiment fier, il n'hésiterait pas à en communiquer les détails techniques, et à faire de ces détails un vecteur de communication et de publicité auprès des professionnels. S'il les cache sous le tapis et se contente de jolis slogans creux "grand-public", on a toutes les raisons d'être très, très méfiant.
Jetons maintenant un coup d'oeil dans le manuel (sous forme de PDF en anglais) sur le CD. Que nous apprend-il de plus ?
Il commence par nous apprendre que This fingerprint BioFlash is equipped with the leading encryption technology that allows only authorized users to access the BioFlash
; BioFlash is the most secure and developed data storage device on the market
. Belles phrases de marketoïde, parfaitement creuses. Encore une forte odeur de snake oil comme pour tous les termes dithyrambiques employés par des vendeurs en matière de crypto, quand il ne sont accompagnés d'aucun détail technique.
Cherchons encore quelques détails techniques dans le manuel. Ah, en voilà !
Chip sensor : capacitive / pressure
Resolution : 508 dpi
Minutia size : < 512 bytes[4]
Pixel array : 192x236
Gray scale : 256
Scan area : 9.6 x 11.8 mm
Live finger : YES[5]
C'est tout ce qu'on en saura. On ne saura pas si le bazar effectue lui-même ses calculs, ou si c'est le pilote Windows installé sur le PC qui s'en charge, on ne saura toujours pas si les fichiers sont chiffrés ou non sur la clé USB, ou si seul leur accès est contrôlé et comment[6]... On ne sait donc pas grand-chose de plus.
Bon, pour voir, branchons le truc sur ma linuxette. Je serais fort surpris qu'il fonctionne sous Linux, mais sait-on jamais...
Mar 2 10:48:31 totor kernel: usb 2-2: new full speed USB device using uhci_hcd and address 4 Mar 2 10:48:31 totor kernel: SCSI subsystem initialized Mar 2 10:48:31 totor kernel: Initializing USB Mass Storage driver... Mar 2 10:48:31 totor kernel: scsi0 : SCSI emulation for USB Mass Storage devices Mar 2 10:48:31 totor kernel: usbcore: registered new driver usb-storage Mar 2 10:48:31 totor kernel: USB Mass Storage support registered. Mar 2 10:48:36 totor kernel: Vendor: BDS-1A Model: Bio Flash Rev: 1.00 Mar 2 10:48:36 totor kernel: Type: Direct-Access ANSI SCSI revision: 02 Mar 2 10:48:36 totor kernel: SCSI device sda: 242154 512-byte hdwr sectors (124 MB) Mar 2 10:48:36 totor kernel: sda: Write Protect is on Mar 2 10:48:36 totor kernel: sda: assuming drive cache: write through Mar 2 10:48:36 totor kernel: SCSI device sda: 242154 512-byte hdwr sectors (124 MB) Mar 2 10:48:36 totor kernel: sda: Write Protect is on Mar 2 10:48:36 totor kernel: sda: assuming drive cache: write through Mar 2 10:48:36 totor kernel: /dev/scsi/host0/bus0/target0/lun0: p1 Mar 2 10:48:36 totor kernel: Attached scsi removable disk sda at scsi0, channel 0, id 0, lun 0 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 241727 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241664 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241665 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241666 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241667 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241668 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241669 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241670 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241671 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 241727 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241664 Mar 2 10:48:37 totor kernel: Buffer I/O error on device sda1, logical block 241665 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 63 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 63 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 575 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 575 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 0 Mar 2 10:48:37 totor kernel: end_request: I/O error, dev sda, sector 0
Bon. Ma linuxette voit un flash_disk ordinaire protégé en écriture, et défectueux, bourré d'erreurs d'entrée/sortie.
Ca ne veut pas dire qu'il soit vraiment défectueux (encore que je n'en sache rien, si ça se trouve, le bestiau est raide-mort...), mais plus probablement qu'il refusera de jacter hors de la présence de son pilote Windozien.
On n'ira pas bien loin avec ça, va donc falloir essayer le truc sous Winchoze.
Heureusement, il n'y a aucun Windows sur aucun ordinateur de l'ashram de Swâmi Petaramesh, cela étant définitivement contraire à sa religion. Aussi me sera-t-il impossible de continuer à faire joujou avec ce bidule satanique, jusqu'à ce que je trouve un ordinateur d'hérétique à pourrir ;-) ce qui exigera de plus que je me livre à de longs et douloureux rituels de purification après y avoir touché, bref, ne nous pressons pas.
Je n'en saurai donc pas davantage aujourd'hui, la suite à un peut-être prochain épisode.
Quoi qu'il en soit, pour rappeler[7] la maxime de Phil Zimmermann : Il existe deux sortes de cryptographie : Celle capable d'empêcher votre petite nièce de 6 ans de lire votre courrier, et celle capable de résister aux services de renseignement des plus grands pays
.
Jusqu'à preuve du contraire, et compte tenu de l'absence de renseignements techniques précis et crédibles dans le manuel, rien ne permet de classer ce gadget dans la seconde catégorie, et je ne le recommanderais donc certainement pas à quiconque souhaiterait protéger des données réellement sensibles.
Le fait de pouvoir peut-être faire joujou un jour prochain avec ce truc sous Windows ne m'apportera, je le crains, aucune certitude supplémentaire de ce point de vue.
Enfin n'oubliez pas : Si vous ne savez pas où laisser traîner vos doigts, mieux vaut les oublier dans la culotte de votre voisine plutôt que dans des lecteurs biométriques !
...A suivre, peut-être...?
Mise à jour 6 mars 2006 : Cet article se poursuit désormais ici
Notes
[1] Et cette confusion courante sera à l'avenir, soyons-en certains, à l'origine de nombreuses erreurs judiciaires et policières, aussi bien en matière de biométrie que d'analyses ADN, tant l'inconscient collectif (ce qui veut dire également celui des magistrats et des jurés qui n'y connaîssent goutte) est imprégné de l'idée que si l'ordinateur dit que c'est lui sur la basse d'une empreinte digitale ou ADN, alors c'est forcément lui. Rien n'est plus faux, et le risque est d'autant plus grand que l'on imagine bien que les investigations policières ne seront guère poussées plus avant dans une affaire où l'on disposera d'une telle preuve "en or".
[2] L'huile de serpent (snake oil) était le remède miracle vendu par des colporteurs-charlatans au far west. Elle guérissait tout, rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les paralytiques... En cryptographie et sécurité informatique, le terme snake oil est couramment employé pour désigner un produit de chiffrement ou de sécurité bidon, dont la sécurité est faible ou purement illusoire.
[3] Autrement dit, un système de sécurité fiable doit pouvoir publier son principe de fonctionnement sans que cela ne l'affaiblisse en rien, et ce principe doit pouvoir être vérifié par des tiers compétents (peer review) pour pouvoir être considéré sinon comme fiable, du moins au minimum comme sérieux.
[4] Je suppose que ceci veut nous dire que le bidule stocke un résumé des minuties qu'il relève sur l'empreinte digitale dans moins de 512 octets. Je ne suis pas assez connaîsseur en la matière pour me faire une idée de la sécurité que cela peut apporter, mais 512 octets, ça ne paraît pas énorme.
[5] Là, ils l'ont mis en majuscule ! Live finger signifie que le capteur est supposément capable de faire la différence entre un "vrai doigt vivant" et une copie d'empreintes digitales réalisée sur un support non-vivant (gélatine, latex...), et qu'il devrait refuser de telles imitations.
[6] Dans ce dernier cas, il serait parfaitement possible d'accéder aux données stockées dessus soit en écrivant un driver qui contourne la protection, soit en se connectant physiquement directement sur le chip de mémoire flash par exemple. Pas bien difficile pour un électronicien compétent...
[7] De mémoire...










Commentaires
La biométrie c'est bien au moins parce qu'elle permet aux crétins (genre qui oublie carte ou badge) de rester des crétins et de quand même garer leur bagnole ou manger au self. Quant à ses éventuelles dérives orwelliennes, elle n'en offre pas plus que les moyens actuels de contrôle d'accès (genre carte ou badge).
Le sujet est trop vaste pour un petit espace de commentaire et en plus il est de nature à ramener la prise de bec femfox au niveau de la bousculade dans les rangs sur une échelle qui grimpe jusqu'à la guerre nucléaire.
Qui va appuyer sur le bouron rouge?
BOUTON
BOUTON
BOUTON
BOUTON
@Skoobeedoo : N'ayant pas peur de la guerre nucléaire, je réponds tout de même à ta remarque :
C'est simplement faux, parce que la biométrie, contrairement à cartes, badges ou téléphones portables, se base directement sur les caractéristiques physiques particulières de ton corps pour définir ton identité d'un point de vue légal ou réglementaire. Et ça fait une énorme différence.
Des cartes, des badges, des pièces d'identité, ça peut s'oublier, s'emprunter, se falsifier. C'est plus ou moins relié à toi, mais ça n'est pas toi. Ton corps est toi.
Si tu quittes une banque, un opérateur téléphonique ou un employeur, la carte ou le badge qui te permettait d'utiliser ses services t'est retirée (et perd toute signification dans le futur).
Si a contrario tu utilisais une forme d'identification biométrique, tu gardes bien évidemment ton corps ;-) et les informations que cette société ou organisme détenait sur ton corps restent valides, et continuent de pouvoir t'identifier aussi longtemps que tu restes en vie.
Tu ne perçois vraiment rien de terriblement invasif et intolérable à ce que les caractéristiques détaillées de telle ou telle partie de ton corps soit numérisées et détenues par des sociétés ou entités diverses aux seules fins de t'identifier ?
Ajoutons pour conclure qu'on ne peut pas très facilement croiser ton badge d'accès professionnel, ta carte de fidélité chez ton coiffeur et ta carte bancaire ; toutes ayant des identifiants complètement indépendants.
Mais si chacun de ces fichiers est demain basé sur l'empreinte de ton doigt ou l'iris de ton oeil, alors on a un identifiant unique et irrémédiablement attaché à toi qui permet de te retracer dans l'ensemble de tels fichiers et de croiser ceux-ci.
Le problème de l'identifiant unique et du croisement de fichiers a motivé la décision de la loi ''Informatique et libertés" de 1978 d'interdire l'usage de ton n° de sécu (en tant qu'identifiant) par tout organisme en dehors de la sécu. Ils avaient de bonnes raisons.
Tes caractéristiques biométriques sont encore plus personnelles qu'un n° de sécu, encore plus permanentes, et constituent de ce fait des "identifiants uniques" encore plus potentiellement dangereux.
Rappelons une dernière fois que durant la seconde guerre mondiale, des milliers de personnes ont pu avoir la vie sauve justement parce que leurs documents d'identité avaient pu être falsifiés, avec la complicité (individuelle) de membres de l'administration, dans de nombreux cas. Il n'en ira pas ainsi lors des prochains convois...
L'évolution de la loi Informatique et liberté entre 1978 et 2004 donne un autre exemple de procédés douteux acceptés sous le pression de la banalisation.
@Yves : Les vieux militants qui luttaient contre toutes ces dérives et militaient également pour la libéralisation de la crypto individuelle ont fini par se fatiguer de prêcher dans le désert avec leur étiquette "paranoïaque" ou "doux dingue loufoque" scotchée sur le dos comme un poisson d'avril... Ils ont préféré pour beaucoup, l'un après l'autre, retourner siroter leur pastis.
Il est temps que du sang jeune arrive et prenne ces problèmes à bras-le-corps avec la sympathie de leurs aînés. De ce point de vue, le surgissement de "casseurs de biométrie au collège" a été une excellente nouvelle ! Nous, nous sommes devenus vieux, rassis, embourgeoisés et trouillards. Place aux jeunes !
Nous, nous sommes devenus vieux, rassis, embourgeoisés et trouillards. Place aux jeunes !
Moi je l'ai toujours été vieux, rassis, embourgeoisés et trouillards.
Ah ? Moi, ça m'a pris seulement sur la fin...
@Petaramesh
Bravo, tu viens de finir le sujet avant qu'il ne démarre vraiment avec ce magnifique point godwin
Ouah, une barre! Comment j'ai fait ça? Ah, je suis vraiment un infect troller.
@skoobeedoo : Je conteste résolument le point Godwin. Un point Godwin est obtenu quand on compare des arguments ou des personnes ou situations _présentes_ au nazisme, et si cette comparaison est manifestement exagérée. Pas si l'on envisage ce que donnerait une technologie donnée dans les mains d'un futur nazisme possible, au regard de ce que l'absence d'une telle technologie a permis d'éviter dans le passé.
Mais tu trolles, je sais ;-)
Bon je vous laisse, j'ai un conseil de disc. (exclusion en vue) mais je reviendrais ici même dire tout le bien que je pense des moyens modernes de contrôle.
Et de ce qu'il faut faire des dissidents!
@skoobeedoo : Tu ne serais pas un pote du Vengeur Masqué, toi, par hasard ? ;-))
Il est très bien ce vengeur masqué. J'ai utilisé la rubrique prévue pour l'insulter. Evidemment, j'ai utilisé ton email perso. J'espère que des robots ne vont pas le ramasser.
Le principe que tu cites "il n'y a pas de sécurité par l'obscurité" interpelle en effet mon sens commun de profane. Si le fabricant de la clé disait par exemple "on s'assure que le doigt est un vrai doigt vivant en vérifiant que sa conductivité électrique est comprise entre tant et tant et sa température entre tant et tant", ne réduirait-il pas ainsi la sécurité de son dispositif en indiquant comment le leurrer ?
@Yogi : La maxime il n'y a pas de sécurité par l'obscurité est plus facile à comprendre dans le domaine abstrait du logiciel que dans le domaine concret. Elle signifie par exemple que le fait de cacher l'algorithme de chiffrement employé n'apporte pas de sécurité supplémentaire, parce que, si celui-ci présente une faiblesse criante, un bon spécialiste (ce qui ne veut pas dire n'importe qui...) arrivera rapidement à trouver la faille. De même pour une méthode d'authentification, etc. On part du princpe qu'un adversaire compétent et déterminé arrivera toujours à trouver par lui-même ce qu'on a voulu lui cacher (en matière de fonctionnement du système), et que le fait de cacher les détails de fonctionnement n'apporte donc pas de sécurité réelle. A contrario, le fait de publier les détails de fonctionnement d'un système permet à des spécialistes extérieurs de se pencher dessus, de signaler une faille s'ils en trouvent une, et donc, souvent, de corriger les problèmes avant qu'ils ne puissent avoir de conséquences néfastes. Un système dont le principe est largement publié et qui est considéré, après examen, comme sûr par la communauté de spécialistes, est beaucoup plus crédible qu'un système qui ne veut rien montrer de son fonctionnement.
Dans le monde physique, et dans l'exemple que tu donnes, c'est un peu moins évident, mais là aussi, il faut imaginer que tu as en face de toi un adversaire déterminé à casser le système et qui s'en donne les moyens. Si le système live finger se borne uniquement à contrôler une température ou une conductivité électrique, un adversaire qui se donne simplement la peine d'acheter une clé identique et de faire des essais chez lui trouvera facilement le truc.
Autrement dit, si le simple fait de savoir comment le truc fonctionne permet immédiatement d'en trouver la faille, alors, le truc est intrinsèquement faible.
Bien sûr, pour un lecteur d'empreintes de cette taille et de ce prix, les vérifications physiques qu'il est capable d'effectuer ne doivent pas être considérables. Elles doivent simplement apporter une petite difficulté supplémentaire pour qui voudrait utiliser une empreinte falsifiée sur un support non-vivant. Mais on se doute bien des limites que peut avoir un tel dispositif physique, et le fait de les publier ne le rend pas moins sûr pour autant (parions que, de toute manière, les spécifications du capteur utilisé sont publiées sur le datasheet de son fabricant...).
Pour autant, le fait de ne rien dire de la méthode de verrouillage des données, de la manière dont s'effectuent les calculs, des algos de chiffrement, etc, ça, c'est de la pure obscurité, et donc, ça ne donne pas de bonnes sensations en matière de sécurité.
Seuls des ignorants complets en la matière ne sont pas alarmés par une telle chose, et on en trouve un bel exemple dans le test nullissime publié ici, qui montre bien à quel point certains tests de la presse spécialisée ne font que vendre la soupe du fabricant d'un gadget, sans aucune réflexion ni compétence d'analyse de la part du "journaliste" qui publie un tel article.