Des vagues à l'Aquarium de Lyon (suite 1)
Par Petaramesh le lundi 30 juin 2003, 14:00 - Big Brozeur - Lien permanent
Développements et suites de cette affaire:
Le Président de l'Aquarium de Lyon me répond en m'adressant un long document Microsoft Word que je publie ici à sa propre demande, après l'avoir converti au format texte brut, bien évidemment sans y avoir changé un seul mot (car aucun document dans un format de fichier propriétaire ne sera publié sur ce site. Pourquoi ? Parce que).
Voici ce message in extenso :
A Swâmi Petaramesh
Réponse à votre courrier électronique du 21 juin 2003.
Sujet : La Carte à Pouce à l'Aquarium du Grand Lyon.
Monsieur,
En préambule, je vous remercie de bien vouloir faire suivre cette réponse aux
adresses qui correspondent à des listes de diffusion privées qui
n'acceptent de messages que de leurs abonnés auxquelles vous dites avoir
transmis votre mail nous concernant.
D'autre part, vous dites savoir que votre message a été retransmis par des
tiers sur d'autres listes de diffusion, ou forums de discussion, auxquels
vous affirmez ne pas participer et ne pas connaître les adresses. Pour
ces cas particuliers, je compte sur votre bonne volonté pour tout faire afin
que suive cette réponse.
Enfin comme vous me le proposez, je vous remercie de publier cette réponse
sur votre site Web.
Monsieur,
Tout d'abord la carte à pouce est une invention faite sur mesure pour les Aquariums. Elle ne correspond pas aux besoins des entreprises ou organismes publics ou privés qui souhaitent généralement savoir tout ou presque sur leurs clients ou usagers pour leur faire parvenir par tous moyens des informations ou des offres promotionnelles.
Dans les établissements à vocation culturelle et pédagogique que sont les Aquariums Français ouverts au public, l'immense majorité des visiteurs arrive par centaines voire par milliers, les mêmes jours aux mêmes heures, (jusqu'a 850 personnes par heure et plus de 7500 par jour durant les week- end pluvieux). En conséquence ils se heurtent souvent à de longues files d'attente. Vouloir saisir leurs noms et coordonnées créerait des conditions d'inconfort inacceptables.
Pourtant beaucoup de nos visiteurs savent que la nature améliore le
spectacle dans nos bacs tout au long des saisons et que les plantes, coraux
et animaux y grandissent et y changent de couleur. En conséquence ils
aimeraient revenir plusieurs fois dans l'année pour profiter du spectacle de
cette évolution mais ils ne veulent pas payer le même prix pour une re-
visite.
Pour répondre à cette demande il semblait exister une solution : « La carte
de fidélité ».
Mais il nous faut impérativement nous assurer que la remise accordée
concerne une re-visite ; sans cela nous allons économiquement mettre en
danger l'existence de notre musée.
Il faut donc que cette carte de fidélité soit personnelle, infalsifiable et
incessible tout en respectant le cadre de la loi.
Or la solution de la carte de fidélité avec photo nom prénom etc. est lourde à mettre en place, difficile à gérer et indiscrète. Pour ces raisons et celle du facteur temps exposée ci avant, elle ne répond pas aux désirs du public des Aquariums.
Nous réfléchissions depuis des années sur le sujet jusqu'en 2002 où la carte à pouce a été inventée.
Il s'agit d'une réelle innovation qui permet à un inconnu de se faire reconnaître sans pour autant se laisser identifier.
La Carte est en libre accès, disponible uniquement à l'intérieur du circuit
de visite.
Son principe de fonctionnement est très simple :
Le visiteur, s'il le désire, pose un de ses doigts, (le pouce n'est pas une
obligation), sur un capteur et récupère aussitôt une carte en papier, avec un
code barre et numéro dans le but de bénéficier à sa prochaine visite de
50 % de remise, puis de ne plus payer que 3 € pour un adulte ou 2 € si
c'est un enfant pour toutes ses visites suivantes et ce pendant une année
entière.
Comme vous l'avez vous-même constaté nous ne demandons strictement rien au
visiteur : ni son nom, ni son sexe, ni son âge, ni ses coordonnées.
Nous voulons seulement laisser la possibilité à ce visiteur anonyme de nous prouver, s'il le désire, qu'il est déjà venu à l'Aquarium du Grand Lyon à telle date.
Il est le seul à pouvoir le faire car il faut lors d'une revisite que la
carte ou son numéro soit présenté simultanément avec le doigt qui a été posé
sur le capteur le jour de l'émission de cette carte.
Nous demandons au porteur de carte de noter son numéro de code barre car sil
perd sa carte notre logiciel ne nous permet pas de retrouver trace de son
passage.
.
Venant maintenant à vos questions :
1/ Concernant l'aspect technique :
L'empreinte qui est lue est transformée en une clé cryptée (3 DES 128 bits)
Cette "clé biométrique" après décryptage ne peut être interprétée que par
l'algorithme qui l'a créé.
Il est donc tout à fait illusoire de penser qu'un simple croisement avec les
fichiers de police permettrait de relire une empreinte stockée dans le
système de l'Aquarium du Grand Lyon.
Il faudrait pour qu'un tel croisement puisse avoir lieu de façon
significative et avec un résultat que :
- les empreintes des fichiers de police aient été stockées avec le même
algorithme que le nôtre, ce qui ne se fait pas aujourd'hui.
- que les 2 bases soient relues ensuite avec le même algorithme.
Et dans ce cas la police saurait qu'un individu dont elle connaît déjà
l'identité est venu au moins une fois visiter notre établissement ce qui est
strictement sans intérêt pour elle.
Nous ne sommes pas dans un tel cas de figure ;
2/ Concernant la CNIL :
La déclaration à faire à la CNIL (sur leur bordereau standard) concerne des
fichiers nominatifs, ceci n'est pas notre cas, car on ne peut attacher une
empreinte à un individu, n'ayant pas en cas de détournement de base de
données (souci de la CNIL) la possibilité de trouver l'individu.
Il est donc difficile dans sa forme actuelle de faire cette déclaration.
Je joins en fichier attaché, la première page du dossier de la CNIL / Le
titre encadré y est éloquent :
« DECLARATION D'UN TRAITEMENT AUTOMATISE D'INFORMATIONS NOMINATIVES ».
.
Ci-après la définition du 'Larousse' : « Nominatif, ive adj. (du latin.
nominare, appeler). Qui contient des noms : état nominatif des employés.
//se dit d'un titre qui porte le nom du propriétaire (par opposition à titre
au porteur) ».
Le fait que notre base ne soit pas nominative et soit attachée à une carte
portée par l'individu revient aux solutions préconisées par la CNIL dans
lesquelles l'empreinte est propriété de son porteur.
Si un individu se présente avec sa carte, il se fait reconnaître, mais son
identification reste impossible ! (Sauf à ce qu'il décline lui-même son
identité).
En ce qui concerne votre demande personnelle de tarif dégressif, l'adhésion
à la Carte à Pouce repose sur une démarche purement volontaire du client :
elle est une faculté offerte à nos visiteurs qui ont l'entière liberté de ne
pas y souscrire.
Comment faire pour répondre favorablement à votre demande ?
Vous êtes, en apparence, dans la même situation qu'un visiteur qui aurait
perdu sa carte à pouce : nous sommes incapable de vous reconnaître.
Désormais vous avez quitté le circuit de visite.
Comment allez vous faire pour prouver que vous avez visité l'Aquarium le
samedi 21 juin?
Même si vous avez des tickets, cela ne prouve pas votre visite personnelle.
Si vous avez payé par chèque ou carte de crédit, vous prouverez que vous
êtes le payeur des droits d'entrée, mais notre offre ne s'adresse pas à eux
mais aux visiteurs ce qui est fondamentalement différent.
Il faudrait des photos, des témoignages, et surtout notre bonne volonté
pour vous croire.
Vous avez beau vouloir vous identifier, chercher à vous faire reconnaître nominativement, à l'Aquarium du Grand Lyon, avec ou sans notre logiciel, vous êtes un visiteur inconnu nominativement.
J'ajouterais que ce système remporte à l'Aquarium un réel succès et que sa popularité est prouvée par le retour de nos visiteurs enthousiasmés par cette innovation.
Nous avons essayé de répondre avec la plus grande transparence à vos questions. Pour notre part, respectueux des lois, et attachés aux libertés, nous gardons espoir que la créativité française puisse continuer à s'épanouir en équilibre avec nos droits et pour le plaisir de chacun.
Je vous prie de croire, Monsieur, à l'expression de mes salutations distinguées.
Maurice Chichportiche
Président de l'Aquarium du Grand Lyon.









